Distribution de livres : un casse-tête pour les établissements scolaires

Cette année plus que les précédentes, la distribution de livres scolaires ne se fera pas sans difficultés. Pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait penser, « tous les manuels sont disponibles, certains depuis le mois de juillet », nous dira un directeur de CEM. C’est plutôt au niveau de la répartition des quotas que les choses se corsent pour les responsables. Dans le cadre de cette opération, les élèves sont répartis en trois catégories. Le livres est en vente libre à tous ceux qui désirent l’acquérir et y mettre le prix, sans l’aide de l’Etat. Ce sont les enfants dont les parents sont aisés. Il y a par la suite les nécessiteux qui doivent bénéficier de la gratuité des manuels en plus des 2 000 DA d’aide allouée par l’Etat à cette frange de la société. Dans la troisième catégorie, nous retrouvons les enfants d’enseignants qui, d’après les déclarations des responsables de l’éducation, doivent recevoir gracieusement leurs quotas de livres. Or, sur le terrain, la réalité est loin de suivre les discours. Dans les établissements scolaires où nous nous sommes rendus, les gestionnaires ne savent pas encore comment procéder. « Jusqu’à maintenant, je n’ai reçu aucune instruction allant dans ce sens », nous dira l’un d’eux. Pour un autre, « un seul enfant d’enseignant seulement sera concerné par cette opération ». Il en est de même pour les couples travaillant dans l’éducation. Ils ne peuvent prétendre qu’à un seul lot de livres. Autant choisir les plus chers alors, car les prix sont beaucoup plus élevés pour les lycéens que pour les collégiens qui doivent les acheter plus chers que les petits du primaire. Par ailleurs, « les nécessiteux peuvent garder leurs livres alors que les enfants d’enseignants doivent les restituer en fin d’année », nous confie un directeur qui dit préférer les acheter et éviter toutes ces tracasseries. Est-ce une façon de faire marche-arrière pour nos responsables ou alors c’est le manque d’informations concernant cette opération qui laisse libre cours à toutes ces supputations ? Nous serons fixés dans les jours à venir, puisque jusqu’à maintenant, aucun responsable de collège n’a pu nous montrer les instructions de sa tutelle. Il faut noter que les prix des manuels scolaires sont exorbitants et que l’aide des pouvoirs publics aux nécessiteux et aux enseignants vient à point nommé pour soulager les pères de familles. Nous avons pu consulter la nomenclature des prix. La première remarque est que les pères de familles nombreuses sont appelés à procéder à des dépenses ruineuses. Jugez-en : le lot des petits du primaire oscille entre 1 100,00 dinars et 1 186 DA alors qu’au CEM, les coûts varient de 1 900 à 2 400 DA. Quant aux lycées, ils proposent le lot le moins cher à 3 700 DA. Après les fêtes, la rentrée et bientôt le Ramadhan, et si de surcroît vous avez plusieurs enfants scolarisés à charge, vous aurez beau serrer la ceinture, vous resterez tout de même endettés jusqu’à l’année prochaine.

Nacer B.