Les citoyens d’Abada ont soif

Le problème des pénuries d’eau potable n’épargne assurément aucune localité de l’Algérie profonde. Il se pose vraiment avec acuité, pénalisant des populations toutes entières. En effet, à l’instar de Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira, le versant est de la wilaya de Boumerdès souffre terriblement de l’absence de ce liquide précieux qui est devenu, hélas, en guise d’une denrée rare pour les citoyens de ce patelin composé essentiellement de bourgades berbérophones qui n’arrivent point à sortir des sentiers battus. Le village d’Abada n’a pas été en reste, cette contrée située à la limite de la wilaya de Boumerdès avec celle de Tizi Ouzou et surplombant la dense forêt de Mizrana se morfond continuellement dans une situation qui ne dit pas son nom étant donné que quasiment toutes les infrastructures de base font cruellement défaut dans cette région où les habitants sont livrés à leur propre sort. Ainsi, outre les multiples aléas que subissent quotidiennement les riverains, ces derniers font face à un sérieux calvaire dû aux sempiternelles coupures d’eau potable, un phénomène devenu très fréquent ces derniers temps notamment. Le problème s’est, à en croire les villageois, installé dans la durée puisque l’eau ne coule des robinets que deux fois par mois ou bien plus. La vétusté du réseau d’alimentation à partir des forages ou plutôt de la chaîne de Benchoud serait probablement à l’origine de ces pénuries qui suscitent bien évidemment d’énormes désagréments à la population qui ne sait pas où donner la tête dans la mesure où rien ne semble, jusque-là, pointer à l’horizon pour venir à bout de leur calvaire. De ce fait et situation oblige, les citoyens se trouvent contraints de recourir aux anciennes fontaines mais cela s’avère nettement insuffisant, surtout avec la densité de la population ces dernières années où le nombre d’habitants est multiplié sur dix ou peut-être plus depuis l’indépendance. C’est pour cela que d’autres moyens susceptibles de surmonter le problème d’alimentation en eau sont toujours de mise. Effectivement, durant cet état de fait, les citoyens d’Abada et pour étancher leur soif, doivent débourser des dépenses supplémentaires pour la location des citernes tractables. D’ailleurs, durant la trêve estivale écoulée, les propriétaires des citernes en question n’arrivaient point à satisfaire toute la demande. C’est là, en somme, les jours intenables que vivent les paisibles citoyens d’Abada, commune d’Afir, qui n’attendent que des jours meilleurs, et ce, depuis belle lurette. L’espoir de voir les pouvoirs publics plancher sérieusement sur leurs préoccupations reste indubitablement la seule planche de salut pour ces pauvres villageois.

A. H.