L’inquiétude des enseignants

Le changement des programmes a entraîné aussi le changement de manuels scolaires. Si au niveau de la tutelle on parle de la disponibilité des livres, les enseignants constatent le contraire. En effet, nombreux sont ceux qui se plaignent du retard accusé dans la livraison de quelques titres. Les élèves attendent quotidiennement l’arrivée de ces livres. Certes, pour cette année le ministre de l’Education nationale a pris une initiative louable en offrant gratuitement les lots aux élèves bénéficiant des deux milles dinars. « Les livres coûtent excessivement chers. Un lot de livres pour un élève de 2e AM revient à 2900 dinars. Imaginez un père qui a en charge quatre enfants à scolariser. Cela sans compter bien sûr les autres factures : restauration, transport, fournitures scolaires », nous a déclaré cet employé d’une mairie de la wilaya de Tizi-Ouzou dont le salaire ne dépasse pas les douze mille dinars. Si les parents pensent à toutes ces dépenses, les enseignants sont doublement pénalisés. La dernière décision prise en leur faveur est considérée injuste. « Seul celui qui a en charge les enfants peut prétendre à un seul lot », nous a dit cette mère enseignante dont le mari est est aussi un travailleur de l’éducation. Une autre situation, à laquelle le ministère n’a pas pensé, est celle à laquelle sont confrontés notamment les enseignants du primaire. « L’année passée, j’avais en charge une classe de troisième année, j’avais acheté un lot de livres pour me servir de documentation afin de préparer mes leçons. Cette année encore, je dois acheter un autre lot de quatrième année qui me reviendrait à plus de mille cinq cents dinars et ainsi de suite », nous a expliqué une enseignante du primaire qui demande à ce que le ministre revoit cette situation. Les directeurs, de leur côté, sont catégoriques à ce sujet. « On ne peut pas donner des livres aux enseignants car tous les livres qui nous sont livrés sont facturés à notre compte », nous a répondu un directeur du primaire. Les enseignants attendent un geste du ministre à ce propos. « Il faudrait que le ministre pense à nous. Nous avons aussi des enfants qui ont besoin de manuels », a ajouté une autre enseignante. L’histoire du livre scolaire occupe les devants de la scène à chaque rentrée scolaire quand on entend dire que des livres destinés aux écoles sont revendus sur des étals au marché parallèle avec des hausses sensibles. La libération des prix ne donne plus l’égalité de chances aux élèves. Lorsque le parent est sous-payé, il ne bénéficie d’aucun avantage. Et Dieu sait combien de parents aisés profitent de cette situation au détriment des autres. Il faudrait des mesures coercitives pour en finir avec ces parasites car le président de la République ne veut pas que des fonds destinés à des couches démunies ne leur parviennent pas.

H. N.