Raison médicale d’abord, rituel après

La circoncision, cette pratique ancestrale indiquée par les préceptes musulmans et opérée depuis la nuit des temps selon un rituel connu de tous, se trouve cette année confrontée à la raison médicale qui, tout en continuant à l’indiquer, lui impose de nouvelles restrictions. En effet, le rituel observé d’habitude au courant du mois sacré, à savoir les circoncisions collectives effectuées à l’occasion du 27e jour du Ramadhan correspondant à la nuit sacré de « Leïlat el qadr » n’aura pas lieu cette année. Des mesures sont d’ores et déjà prises et l’interdiction de procéder à cette opération est formulée à tous les praticiens médicaux à l’échelle de toute la région de M’chedallah, à l’instar de leurs collègues dans d’autres régions du pays. Désormais, cette tâche revient exclusivement aux chirurgiens. Cela est du moins ce qui a été annoncé par les responsables du secteur sanitaire qui comptent mettre en œuvre de façon effective, la circulaire du ministère de la Santé portant le n°006 MSP/RH/MIN du 5 juin 2006. A cela s’ajoute l’interdiction de l’usage du bistouri électrique qui, selon les responsables que nous avons rencontrés, avait été retiré de l’usage depuis déjà longtemps en application d’une autre instruction émanant du ministère de tutelle. Les praticiens que nous avons interrogés à propos de l’utilité et/ou de la raison de telles mesures, nous ont renseignés que l’usage du bistouri électrique laisse des séquelles irréversibles dans certains cas et il influe négativement sur la sensibilité du sujet. Quant à la restriction de la circoncision et l’interdiction formelle de la pratique des circoncisions collectives, ces derniers arguent du fait que la circoncision est une opération qui relève de la chirurgie et vu son importance quant à l’évolution de l’individu et les risques majeurs qu’elle suppose, elle doit être prise vraiment au sérieux. Une mesure qui, pour certains, a pris beaucoup de retard pour être soit mise en application, car cela relève plutôt de la prévention et de la mise en œuvre des méthodes établies en la matière.

L. K.