Avec le Ramadhan qui approche, beaucoup de gens se sont mis à faire des stocks, notamment ceux qui possèdent des congélateurs. C’est que les commerçants, ont habitué les gens à l’augmentation brusque et injustifiée, des denrées prisées en cette période de jeûne. D’une façon générale, on s’approvisionne en concentré de tomates, en épices, en pruneaux et en raisins secs, indispensables pour le « h’am leh’lu », viande sucrée, et le « mesfuf », couscous à la vapeur, sans lesquels il n’y a pas de Ramadhan. Mais on achète aussi de l’ail, des boites de thon ou de champignons, voire des bidons d’huile, « à cause des marchands de zlabia et de qerbelluz », les principales friandises du Ramadhan, qui raflent ces produits. Comme chaque année aussi, il y a des tensions sur certains légumes, on en stocke les plus utilisés : poivrons, tomates, olives vertes etc. Cette année au moins, l’oignon est disponible et à très bon prix, mais on n’oublie pas les années où ce légume a atteint des prix astronomiques, jusqu’à 100 dinars le kilo. Des petits malins, mais en fait, ceux qui ont la chance de posséder des congélateurs, ont déjà stocké, en avril, des petits pois. Ce légume, qui n’est pas de saison, a disparu depuis avril des étals mais chacun sait, miracle des serres, qu’il va réapparaître durant le Ramadhan, avec des prix dépassant les deux cents dinars ! Mais au fait, pourquoi toute cette frénésie ? Et si, pour le Ramadhan, on se contentait des plats habituels ? Les denrées alimentaires n’augmenteraient peut-être pas !
S. Aït Larba
