l Les retraités de l’éducation toutes catégories de travailleurs confondues tiennent à interpeller le ministre de l’Education nationale en l’occurrence, M. Aboubakr Benbouzid. En effet, pour toutes ces personnes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pendant de longues années et formé tous les cadres de l’Algérie, se voient après leur mise à la retraite, complètement oubliés sinon complètement exclus. Ainsi, pour preuve, comme ils tiennent à le souligner et comme marque de mépris, le premier responsable de l’éducation n’a pas jugé utile de les associer dans le cadre de la distribution de livres gratuits au profit des travailleurs de son secteur. « J’étais PES de physique, je suis à la retraite depuis trois années et ma pension avoisine le SMIG avec 5 enfants scolarisés qui ont besoin d’au moins, pour cette rentrée scolaire, de plus de 15 000 dinars, que me reste-t-il pour subvenir aux autres dépenses familiales ? », conclut-il. Par ailleurs, pour cet autre directeur de collège, leur exclusion est consommée d’autant plus que même le syndicat ne leur est d’aucune aide. « Au lieu de nous aider à supporter notre sort, tout est fait pour nous exclure et nous enlever le peu de considération que nous avions », nous confie notre interlocuteur. Pour cet ex-PES, ex-instituteur et ancien normalien, toujours à la force de l’âge, s’il joint sa voix à celles de ses camarades, c’est simplement pour rendre un vibrant hommage à celui qui fut son inspecteur en 1969 à Bouzaréah, un certain M. Atroun qui lui avait dit : « Mon enfant, si tu es décidé à embrasser la carrière d’enseignant, il faut bien te mettre dans la tête que tu viens d’épouser la misère et à la fin de ta carrière, pendant ta retraité, tu mendieras ! »
Essaid n’Aït Kaci
