L’école primaire du village Issnadlene, relevant de la commune d’Ath Yahia, daïra d’Ain El Hammam, a mis la clef sous le paillasson cette année encore. Si l’on s’en tient strictement aux dispositions des textes régissant le fonctionnement des établissements scolaires, la réponse est malheureusement positive. La loi stipule en effet que l’ouverture ou le maintien d’une division pédagogique soit subordonnés à la présence d’au moins quatorze élèves. Or, l’effectif de cet établissement pour l’année 2006/2007 ne totalise en tout et pour tout que neuf (9) élèves, nous a confié Sadek Nouri, enseignant de son état et exerçant depuis des années dans cette école. Cette dernière qui reçoit les élèves issus du même village, situé à un jet de pierres en contrebas, a ouvert ses portes en 1970 avant d’être fermée pour ne rouvrir qu’en 1987 et ce pour le même motif. Si la fermeture de cet établissement est motivée par le manque d’élèves, il n’échappe à personne que les potaches de ce village concerné seront contraints d’aller chercher le savoir dans les écoles de Tafrouth ou Ath Hichem, villages distants respectivement de 2 et 3 kilomètres de chez eux. A l’origine de cette chute vertigineuse des effectifs, il y a d’abord le déclin démographique dans ces zones montagneuses et éparses. Il y a ensuite l’exode rural, phénomène qui s’est accentué ces dernière années. Ces montagnes ont progressivement été désertées par leur « population ». Les responsables en charge du secteur de l’éducation n’ont pris, à ce que l’on sache, aucune mesure incitative de manière à attirer le fonctionnaire vers ces établissements montagneux. Au contraire, ils ont toujours regardé ces petits écoles par le petit bout de la lorgnette. Les suppressions de postes budgétaires touchent en premier lieu les petites écoles. La situation actuelle que connaît l’école « d’irrendlèna » est en définitive celle vécue par beaucoup d’écoles dans d’autres régions isolées. Des édifices construits à coup de milliards sur le dos du contribuable. C’est dramatique de les voir fermées les unes après les autres.
S. K. S.
