La commune des Ouadhias est à quelques dix kilomètres près de l’un des grands barrages d’Algérie, à savoir celui de Takhoukht. Et pourtant, les milliers d’âmes qui y résident manquent terriblement d’eau. Un paradoxe ! dira-t-on.
Effectivement, il s’agit là d’un fait paradoxal qui nous renseigne sur la façon, peu pragmatique, dont les ressources du pays sont gérées, à telle enseigne qu’une ville aussi importante que les Ouadhias doit se lever à des heures matinales, pour faire le plein, car on risque de rater “le tour de la cité”.
Apparemment, l’adage populaire qui signale que “le monde appartient à ceux qui se lève” tôt est appliqué à Ouadhias ; on se lève même très tôt afin de guetter la venue de cet élément vital.
Cependant, ce qui frappe le plus l’attention est indéniablement le fait que l’alimentation en eau potable est faite d’une manière qui n’arrange nullement certains résidents, particulièrement ceux qui sont domiciliés au nord-ouest, jusqu’à la cité Abane Ramdane ; là, les habitants souffrent le martyre d’une contrainte qui tend, durant ce mois sacré, à être un véritable cauchemar !
Si les quelques personnes (plus au moins aisées) ont choisi de s’alimenter en AEP par l’acquisition d’une citerne d’eau, la majorité de la population n’arrive (déjà) pas à supporter le lourd fardeau d’une vie quotidienne très coûteuse. Que dire alors de “l’achat” d’une citerne d’eau ? Il faut dire que ce n’est nullement les projets qui manquent car ce créneau a bénéficié d’une cagnotte non négligeable.
Les contraintes bureaucratiques ont parasité sérieusement le processus de réalisation de certains projets. Ceci dit, le premier responsable de la commune des Ouadhias, M. Halou, préfère parler de mauvaise répartition de la ressource.
“Il y a une mauvaise répartition de l’eau sur le territoire de ma commune, sinon comment expliquer qu’une partie importante de la ville manque cruellement d’eau ? C’est inadmissible ! Figurez-vous que le responsable local de la Sonad est resté injoignable durant dix jours. Maintenant, il s’agit de situer les responsables et dire à la population que le problème n’est pas à notre niveau”… et d’ajouter : “Moi, je suis chargé par cette population qui m’a élu de porter son message aux responsables concernés. Le reste leur appartient”, dira M. Halou. Par ailleurs, le premier magistrat communal, nous fera savoir que la réfection des vannes ne saurait tarder. “Elle est au stade des consultations, c’est le cas de le dire, pour l’adduction qui alimentera la ville des Ouadhias à partir de Takhoukht par la RN 30 ainsi que celle qui verra le village Taguemout Ledjedid alimenté à partir de Ouadhias-village. C’est vous dire que le dossier est pour nous la priorité qui passe avant toute chose”, déclare M. Hallou.
Le plus important, aux yeux de l’Iwadhiyen, reste la concrétisation de projets qui seront à même d’alléger leurs souffrances qui n’ont que trop durer.
Certains des citadins ne s’évertuent plus à rêver d’un horizon bleu car le manque (pénurie) d’eau les a de tout temps renvoyés vers une réalité amère, pas facile à accepter, surtout pour les ambitieux parmi les Iwadhiyen.
Appartenir à un autre monde : c’est cela la réalité. Le reste n’est que de la poudre au yeux.
A. Z.
