Dans une conférence de presse tenue, hier, lundi 9 octobre 2006, à Paris, au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère au siège de Radio France), Aminatou Haidar a longuement parlé de son combat pour la défense des droits humains au Sahara Occidental.
Devant une assistance nombreuse, Aminatou Haidar, 39 ans, mère de deux enfants a raconté le quotidien difficile des siens. Après s’être rendue en Afrique du Sud, en Belgique, en Espagne, en Italie, en Suède, aux Etats-Unis d’Amérique (où elle a eu le prix Freedom award 2006 pour sa défense des droits humains), elle est en France où elle tente de faire connaître la cause de son peuple auprès des organisations non-gouvernementales et du peuple français. Mais elle avoue que la France officielle soutient plutôt les thèses marocaines. La preuve est ce refus de la recevoir en haut lieu.
Née à El Ayoun en 1967, Aminatou Haider s’engage très vite dans la résistance : en 1987, elle connaît la disparition forcée ; elle n’est libérée qu’en juin 1991. En 2005, elle est encore arrêtée et ne sera libérée qu’en mars 2006, suite à une longue grève de la faim avec d’autres prisonniers. Elle a eu le prix espagnol « Juan Maria Brandes » pour la défense du droit d’asile.
En 2005, elle avait été également sélectionnée par le prix Sakharov du Parlement européen. « J’ai été privée de passeport durant quinze ans, j’ai été torturée plusieurs fois et mon cas n’est pas unique », confie la militante des droits de l’Homme. Drapée d’un chèche vert et jaune, lunettes, Aminatou Haidar parle un français correct même si elle roule les « r ». Elle ambitionne de mobiliser l’opinion internationale contre les exactions marocaines. « Je viens pour mettre la communauté internationale devant ses responsabilités », affirme-t-elle. « Nous devons beaucoup à l’Algérie qui a soutenu d’autres peuples en lutte avant nous », ajoute Aminatou Haidar. En ce moment 33 prisonniers sahraouis sont en grève de la faim depuis le 7 août 2006. « J’aimerais qu’ils arrêtent leur grève de faim parce que les autorités marocaines n’entendent pas ce genre de protestation », souligne la militante des droits de l’Homme. Aminatou Haidar va rentrer au Sahara Occidental ; elle sait qu’elle sera encore persécutée mais elle avoue qu’elle n’a pas peur. Aminatou Haidar est une femme vraiment courageuse.
Farid Ait Mansour
