La révision annuelle des listes électorales n’a pas drainé grand monde dans la commune de Maâtkas, à l’instar d’ailleurs des autres municipalités de la Kabylie où l’on ne se bouscule guère devant les mairies. En effet, jusqu’à hier, seuls 13 citoyens se sont présentés au siège de l’APC pour s’y inscrire tandis que l’administration locale en a radié 89 (décès et changements de résidence) sur les 13 415 inscrits au 31 octobre 2005, c’est dire que le taux d’inscription n’a atteint à cette mi-octobre que 0,13% tandis que celui de la radiation est de l’ordre de 0,66%. C’est donc un fait inédit dans l’histoire des révisions de ces fameuses listes électorales où le nombre de radiés est cinq fois plus important que celui des inscrits.
Pourtant, les autorités locales n’ont pas omis de procéder à une vaste campagne d’affichage en vue d’informer le maximum du monde, particulièrement les jeunes ayant atteint leur majorité. Mais jusque-là, c’est la désillusion. Il ne s’agit pas là d’accabler l’administration puisque celle-ci a accompli sa tâche convenablement mais c’est plutôt la catalepsie des formations politiques qui est également responsable de cet « absentéisme ». Jadis, c’étaient les partis politiques qui persuadaient les citoyens de s’inscrire, mais depuis un certain temps, ces derniers ne se soucient guère paradoxalement de cette affaire.
Pis, même le taux de participation aux différents scrutins durant cette dernière décennie laisse sérieusement à désirer. Signalons enfin que pour cette année, même les médias lourds (télévision et radio) ont brillé par leur absence lors de cette campagne. Il ne faut donc pas s’étonner d’un faible taux de participation au prochain référendum qui aura lieu avant la fin de l’année, surtout en Kabylie où traditionnellement, l’électorat boude les urnes.
Idir Lounès
