Les spécialistes arabes, réunis à Khartoum, pour la Journée arabe de l’alimentation (28 septembre de chaque année) ont, une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme, mettant en garde leurs gouvernements : le monde arabe importe une grande partie des aliments qu’il consomme.
Non seulement, les productions de céréales, blé et riz notamment, à la base des régimes alimentaires de ces pays, est insuffisante mais aussi la plupart des produits de large consommation, comme le café, l’huile et bien d’autres sont importés.
Si certains pays parviennent à produire le sucre dont ils ont besoin, d’autres, comme le nôtre, doivent l’importer. Autre révélation de cette journée : les stocks alimentaires stratégiques de la plupart des pays arabes ne dépassent pas une durée de six mois : c’est plus qu’insuffisant en cas de conflit avec les pays fournisseurs.
Il est vrai que les Arabes disposent de l’arme du pétrole mais sauront-t-il l’utiliser avec efficience, en cas de conflit ? On se rappelle la crise de 1973, au cours de laquelle, les pays arabes, en solidarité avec la Palestine, ont décrété un embargo sur leurs exportations de brut.
C’est la fameuse crise qui a fait trembler le monde occidental et provoqué l’augmentation des prix du pétrole. Mais le monde arabe, miné par les divergences, est-il en mesure de supporter aujourd’hui, un embargo de la sorte ?
Les riches monarchies du golfe, renonceraient-elles au confort procuré par l’argent du pétrole ? Tout porte à croire –et la dernière guerre du Liban l’a démontré- que les Arabes ne s’opposeront pas à l’Occident, qui fournit le blé, le lait, le fromage, les médicaments et les couches bébé. Et tant qu’ils auront du pétrole, ils pourront manger à leur faim…
S. Aït Larba
