« L’augmentation des salaires est suicidaire pour les entreprises »

Invité à s’exprimer, hier, sur les ondes de la chaîne 3 sur la question de l’augmentation des salaires,

M. Djenouhat, secrétaire général à l’organique de l’Ugta n’est pas sorti de la logique de Ahmed Ouyahia quant à ce sujet. D’emblée il a déclaré qu’ « il faut reconnaître que nous étions sous pression pour discuter de l’augmentation des salaires». Il a également confirmé l’opinion de certains experts qui ont qualifié de « suicidaire » pour certaines entreprises la récente augmentation des salaires. Pour étaler sa conception, l’homme fort de l’Ugta a indiqué que certaines entreprises ne pourront pas supporter cette charge et le risque de voir celles-ci fermées au bout d’une année n’est pas à exclure. A la question de savoir les raisons qui ont poussé la Centrale syndicale à négocier, à la hâte, l’augmentation des salaires, M Djenouhat répondra que « Les travailleurs vivaient une situation dramatique. Je pense qu’il faut rechercher l’efficacité économique et c’est là que nous sollicitons le génie de nos managers pour sortir de cette situation… ». L’invité de la chaîne 3 n’a pas non plus écarté le risque de la compression des effectifs au cas où l’entreprise connaîtrait des difficultés comme c’était le cas dans les années 90. «Lorsque une entreprise se trouve en difficulté, elle est tenue soit de trouver des solutions pour redémarrer ses activités, soit de subir la compression des effectifs » et d’ajouter « Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, rien n’a changé depuis les années 1990. L’entreprise n’a que deux solutions : la dissolution ou la vente. » Cependant il a tenu à rassurer que si les entreprises ont une volonté d’avancer dans leurs choix et dans leurs convictions, le risque ne peut pas être réel. Par ailleurs, il a indiqué que 13 000 salaires sont payés et plus de 20 000 salariés attendent toujours leurs dus. Concernant l’augmentation des salaires et les salaires impayés, l’orateur l’a expliqué par un dysfonctionnement au niveau des décisions et de la gestion de ce problème. S’agissant des conventions de branches, qui seront signées dans deux ou trois jours avec le gouvernement, M. Djenouhat a expliqué que certaines entreprises, à l’instar de la Snvi, seront traitées au cas par cas. Il a déclaré à ce propos que « La Snvi a un marché national et international, elle entre donc dans le cadre de la protection de la production nationale. Mais pour les autres entreprises signataires de ces conventions, elles sont tenues de les respecter, y compris dans le secteur privé».

Salah Benreguia