En l’absence de représentations artistiques dignes de ce nom, chants, théâtre, cinéma…, les soirées ramadhanesques en ville, dans les villages, voire dans toute la région de Larbaâ Nath Irathen, connaissent un semblant d’animation qui poussent les citoyens à veiller jusqu’à une heure tardive de la nuit.
Les lieux de prédilection de toutes les rencontres restent les cages d’escalier, qui sont prises d’assaut juste après la rupture du jeûne. Les gens s’adonnent à de bruyantes parties de dominos et autres jeux de cartes. Cependant la distraction la plus répandue dans la région, reste le jeu de loto (bingo) qui draine beaucoup de monde. Pendant tout le mois de Ramadhan, toutes les salles inoccupées sont utilisées pour l’organisation du loto populaire. Ils sont des centaines à se rendre dans ces lieux dans l’espoir d’être les heureux gagnants des cagnottes qui atteignent souvent mille dinars, voire plus pour une simple mise de cinq dinars.
Dans une ambiance enfumée, il est difficile de trouver une place même debout. Les joueurs sont très attentifs aux numéros énoncés à haute voix. Sur les cartons qui portent les numéros, on place des petits jetons ou des petits cailloux.
Lorsqu’il ne reste plus que trois numéros pour compléter son carton, le parieur crie « ofio », là la tension devient plus vive et le silence plus pesant encore.
L’annonce du « stop » (le carton étant complet) se fait elle aussi dans un cri de joie déchirant le silence et arrachant les autres joueurs à leur profonde concentration. Toutes les parties se jouent de la même façon et dans la même ambiance. Quelquefois, la dernière partie est consacré au super-cadeau, d’une valeur relativement importante.
Pour des mises de 200 à 300 dinars, l’an passé, l’on pouvait gagner, un téléviseur couleur ou une parabole… Cette année, on a vu des portables, des CD mis en jeu.
Du suspense, de l’excitation et des émotions pour faire monter le taux d’adrénaline des « accros » du loto du Ramadhan.
S. K. S.
