Les villages « by night »

Le mois de Ramadhan, connu pour les farnientes de ses journées dans nos villes et faubourgs, donne autant d’éclat pour ses nuits où nos agglomérations retrouvent leur vivacité.

A M’chdallah, région où nous avons effectué des tournées nocturnes au niveau des agglomérations et autres villages, tout plaide pour une dynamique de nuits sans égal ressuscitant les habitudes du bon vieux temps.

A peine le muezzin annonce-t-il la rupture du jeûne que les quelques minutes qui suivent voient des groupes importants de personnes sortir de leurs demeures et se diriger qui vers les cafétérias ou autres cafés maures de circonstance et qui vers les mosquées qui n’ont pas manqué de constituer, elles aussi, des pôles d’attraction non négligeables en ce mois de piété.

Ainsi, et au fur et à mesure qu’on avance dans la nuit, les baraques, érigées pour accueillir les jeux de loto et de dominos, se trouvent achalandées pour recevoir de plus en plus de clients férus de ces jeux de hasard qui ne font leur apparition qu’au cours de ce mois.

Le même topo a été constaté un peu partout dans les villages que nous avons visités.

Dans la commune de Saharidj, au chef-lieu, à Ath Hammad ou à llyitène, c’est le même spectacle qui s’offre. En l’absence d’activités de distraction et même de transport durant la nuit, les villageois se trouvent obligés de choisir entre les divers coins ouverts pour la circonstance afin d’accueillir les amateurs des veillées ramadhanesques.

D’ailleurs, il demeure utile de constater que cette effervescence, selon le témoignage de plusieurs gérants de ces commerces de nuits, caférétias et salles de jeux compris, dure pratiquement jusqu’à des heures tradives de la nuit.

Plus d’un ont déclaré n’avoir pas baissé rideau avant 2 h du matin si ce n’est parfois plus dans certains endroits.

Les jeux de loto étant les plus prisés, notamment par la gente juvénile qui s’y adonne presque à cœur joie dans tous les recoins, on entend clamer des chiffres fétiches qui, tout en berçant l’espoir de s’emparer de l’hypothétique cagnotte, imposent un silence religieux dans la salle de jeu.

Quant au bruit, il reste incontestablement l’apanage des salles réservées aux jeux de dominos où des cris fusent de partout pour créer cette ambiance qui fait le charme des nuits du Ramadhan.

Cela dit, dans les villages comme dans les villes, le Ramadhan, c’est plutôt la nuit, car on y trouve un moyen d’évasion mais surtout une distraction durant un mois et qui a tout des vacances. Durant la journée, on somnole, et ce pour aller errer durant la nuit à la recherche de plaisirs nocturnes et particuliers.

Lyazid Khaber