Fin de Ramadhan difficile pour les ménages

Depuis quelques jours, il règne à Bouira une ambiance particulière surtout durant la nuit. En effet, dès la rupture du jeûne, des familles avec ou sans enfants désertent leurs foyers pour faire le tour des magasins d’habillement qui restent ouverts jusqu’à une heure tardive de la nuit. Les ménages passent de rudes épreuves ces derniers temps, saignée hémorragie… autant de qualificatifs pour justifier les énormes dépenses engendrées en l’espace d’à peine deux mois, à commencer par la rentrée scolaire, puis le mois du Ramadhan. Un mois où les porte-monnaies des ménages sont vidés, et rares sont ceux qui terminent le mois sans s’endetter. C’est d’ailleurs le mois où l’on dépense le plus d’argent, où l’on s’endette en faisant des crédits, rien que pour garnir sa table au moment de l’Adhan, malgré la flambée des prix des produits de large consommation. Par ailleurs, en perspective de la fête de l’Aïd, les porte-monnaies sont encore une fois sollicités, faire plaisir à sa progéniture est indispensable pour les parents, mais à quel prix et sacrifice ? Difficile de satisfaire les caprices des enfants, qui exigent parfois des tenues au-delà des budgets de leurs parents… Les tenanciers de magasins d’habillement, chaussures… se frottent déjà les mains malgré la concurrence déloyale du marché informel qui attire de plus en plus les citoyens, le reste est une question de négoce, ils restent d’ailleurs ouverts jusqu’à une heure tardive de la nuit. A partir de 21h 00 à la fin de la prière tarawih, les rues de la ville de Bouira sont pleine à craquer de monde, c’est la parade de magasin en magasin, d’une rue à l’autre. A côté de cela, les magasins spécialisés dans la vente de produits de confiserie font aussi recette, l’Aïd oblige, la préparation des gâteaux (baqlawa, cherek, sbiaât laâroussa…) et j’en passe, est inévitable le jour de l’Aïd. Néanmoins, de plus en plus de familles sombrent vers la paupérisation à cause de la conjoncture socio-économique et une dégradation du pouvoir d’achat… Des familles dont les enfants ne profiteront pas de la joie de la fête de l’Aïd.

Rayane B.