On déambule, on regarde, on demande, on compare les prix et on tâte de la technologie. Il faut dire que les curieux constituent le gros des visiteurs, même si les clients potentiels, moins nombreux certes, sont également présents. Afin de se faire le maximum de publicité et s’attirer les sympathies des acheteurs potentiels, certains « futés » ont lancé des tombolas, avec de nombreux cadeaux intéressants à la clé (appareils photos, flash disc, imprimantes, …). La suite leur donnera pleinement raison, car au moment des tirages au sort, il y a foule et les stands sont pris d’assaut. L’appât du gain est décidément une formule qui n’aura de cesse de faire recette chez nous. Algériens que nous sommes, nous n’avons pas dérogé à la règle. Un fait curieux est à relever pour cette 14e édition du SICOM. Aucun haut responsable n’a « daigné » faire le déplacement pour inaugurer ce Salon. Ce genre d’ « habitude » tend malheureusement à se généraliser. Le Salon international de l’automobile d’Alger, pourtant un rendez-vous économique incontournable au vu du nombre de professionnels qui y prennent part, et des produits exposés, parfois en avant-première mondiale, n’a, lui aussi, pas échappé à un « boudage » officiel. Force est de se rendre à l’évidence qu’entre discours, servi à tour de bras et les actes, un large fossé s’est creusé. Pour le SICOM 2005, le bouchon a été tout de même poussé trop loin. Le ministre de la PME et de l’Artisanat, a fait le déplacement pour inaugurer le Salon de l’agroalimentaire, mais pas celui du SICOM, pourtant à deux pas du premier. Ceci étant, d’aucuns des exposants au SICOM ne pourra s’empêcher de se considérer comme méprisé, particulièrement les vrais opérateurs, à qui l’on doit une fière chandelle d’avoir sorti l’Algérie de son « paganisme technologique ». Mis à part les deux opérateurs privés de la téléphonie mobile, les grands absents de ce salon sont les principaux médias nationaux, outre ceux qu’on a cité antérieurement. Les sociétés de bureautique sont en quelque sorte les parents pauvres de ce salon. Tout le monde a les yeux braqués sur les technologies numériques (micro-ordinateurs, imprimantes, appareils photos et caméras). Malgré une baisse constante des prix d’accès à ces technologies, l’Algérien moyen n’aura que ses yeux à écarquiller devant tant de merveilles du progrès technique, ce que outre-mer est monnaie courante. Un micro-ordinateur portable quelques peu « obsolète » ailleurs, est affiché chez nous à 15 fois le SNMG. En France, pour ne prendre que ce pays, son prix ne saurait dépasser 700 ou 800 euros, soit la moitié du salaire d’un fonctionnaire moyen. Selon notre ministre de la Poste et des Technologies de l’information, en Algérie, il faut attendre 2010 pour avoir un micro-ordinateur dans chaque foyer. Il est évident que des efforts « Herculéens » doivent être fournis par les pays dits du Sud, pour un tant soit peu réduire la fracture numérique qui nous sépare de nos voisins de la sphère nord. En attendant, on peut toujours rêver, tant que c’est encore gratuit …
Elias Ben
