Omar El Toumi, un martyr aux exploits mémorables

En 1955, les forces coloniales élaborent un grand plan de guerre, connu sous le nom de Robert Lacoste, du nom de son promoteur, visant à venir à bout de la guérilla, menée par les éléments de l’ALN qui commençaient à nuire aux troupes françaises. Il s’agissait alors de créer une sorte de milice qui ira contrer les forces de l’ALN, croyant ainsi mettre à plat la résistance de tout un peuple. L’occasion était pour les moudjahidines d’infiltrer ces milices et d’acquérir un armement important.

Et Toumi fût alors désigné pour l’opération et alla proposer au capitaine Maublanc, alors responsable du poste militaire d’Agouni-Moussi (chef-lieu actuel de la commune d’Iflissen), de mettre sur pied un groupe de milice locale. Il fut servi en armes qu’El Toumi distribua à ces supposé miliciens « amis » de la France. Et pour faire preuve de loyauté, El Toumi exécuta de temps à autre des mouchards qu’il présentait aux Français comme des fellagas. La confiance fut totale entre les deux hommes. Un jour, il se présenta, à Maublanc et prétendit qu’il était menacé par ces fellagas qui seraient sur ses traces. Du coup, il reçoit un supplément de munitions, des balles signalétiques qui serviront à donner l’alerte en cas de menace effective. Le complot a mûri, il fallait passer a l’action.

Dans la nuit du 1er octobre 1956, El Toumi disposa ses troupes en embuscade, pas loin du village d’Iguer N’salem, à quelques lieues seulement du poste d’Agouni Moussi.

Aux environs de minuit, il tira des balles traceuses en guise de S. O. S qui devait faire venir les renforts de l’armée coloniale.

Aussitôt, Maublanc arriva à la tête d’un long convoi, loin de penser qu’il allait subir un camouflet sans précédent. A peine a-t-il atteint ce village qu’un déluge de feu s’abattit sur son convoi. El Toumi tenait enfin sa « proie ». L’accrochage dura jusqu’au petit matin, le bilan fut de 25 à 30 soldats français tués ainsi que des dizaines de blessés, dont Maublanc, lui même, qui eut la vie sauve en se réfugiant sous se jeep. Ce fut une ecatombe pour l’armée française.

Vers six heures du matin, les troupe d’El Toumi regagnèrent la forêt d’Agouni Ouzidoud.

Aussitôt alertés, les forces coloniales menèrent un vaste ratissage dans les lieux. En guise de représailles, quelques jours après, le village d’Igeur N’Salem fut pillé et incendié par l’armée française. Omar El Toumi, lui, pour mission accomplie, fût promu aspirant de l’ALN, puis responsable dans la région III en 1956, avant de tomber au champ d’honneur quelques mois plus tard. Enfin, aujourd’hui, l’ancien lycée de la ville de Tigzirt porte fièrement le nom de ce glorieux martyr, devenu ainsi le premier édifice public à arborer le nom de cet homme aux exploits mémorables.

A. H.