Le Mouvement démocratique et social représenté par son secrétaire général par intérim, Ahmed Meliani, a tenu, hier, une conférence de presse au siège du parti à Alger.
Lors de son intervention, le chef de file des « conservateurs » du MDS a dressé un constat alarmant de la situation politique et sociale de l’Algérie.
Confirmant l’aggravation des rapports de force au sommet de l’Etat, celui-ci a estimé que « les compromissions avec l’islamisme se poursuivent avec la baisse de la vigilance des démocrates. La stratégie de l’intégrisme est faite de louvoiement, de tricherie, d’opportunisme et d’entrisme. Après son échec, il essaye de s‘adapter aux nouvelles réalités sans pour autant renier sa véritable nature ».
M. Meliani indique que l’Etat lui-même foule au pied ses propres lois.
Il évoque l’exemple de l’interdiction d’expression des dirigeants du FIS dissous et le délai-limite des redditions des terroristes,des dispositions jamais respectées. « Il y a une volonté du pouvoir qui se contente d’une forme de redistribution de la rente à sa clientèle, de se régénérer en empêchant la véritable rupture », a-t-il soutenu pour expliquer les multiples volte-face du pouvoir et d’ajouter que ce « dernier alimente l’opacité dans le but de sceller son alliance avec l’islamisme politique et, du coup, empêcher toute expression citoyenne en exerçant la pression sur la presse privée et les syndicats autonomes ». Il citera à ce propos l’affaire du journal Echourrouk et le cas du journaliste Arezki Ait Larbi.Par ailleurs, le conférencier a estimé que l’alliance avec les tenants de l’islamisme se fait sur une dégradation des conditions socio-politiques du pays. « Outre le manque d’emploi et le désinvestissement, de nombreux scandales financiers éclaboussent le système », dira-t-il. Plus loin, le porteparole du MDS a qualifié la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée le 25 septembre 2005, de « projet de la trahison qui encourage le terrorisme », avant de noter que « les récents attentats et les embuscades ayant secoué l’Algérois et les autres régions d’Algérie dénotent que les groupes terroristes sont organisés et disposent de logistique. Une situation qui maintient la société en étau ». Le représentant de la formation de feu El Hachemi Chérif s’est interrogé sur le fait que des terroristes soient autorisés à s’exprimer publiquement alors que son parti qui milite dans un cadre légal a été interdit de tenir récemment une manifestation à Oran. Affirmant que la société est ingouvernable par la répression, M. Meliani a souligné qu’il n’y a pas de salut en dehors d’une alternative démocratique. « Toutes les forces de la société sont sommées de construire cette alternative loin de l’esprit d’hégémonie de chapelle et de contrôle », a-t-il mentionné.
A la question de savoir si le MDS compte participer aux prochaines élections législatives de 2007, l’orateur n’a pas écarté la possibilité d’une telle option même si pour, eux, « les résultats des élections ont toujours été prédéterminés. »
Hocine Lam
