La population de Ouadhias-village, plus communement appellée Louadhiyene, dont la population atteint les 5000 âmes environ, dependante du chef-lieu de la commune de Ouadhias, vit un cauchemard quotidien sur tous les plans et c’est le cas de le dire. Pour défendre les droits de ses habitants et surtout pour rendre la vie moins pénible, un comité inter-village a été crée en date du 27 semptembre 2004, voulant sortir de ce marasme qui n’a que trop duré, les citoyens des villages, au nombre de huit (08) et qui sont : Aït Chellala, Tikiouacht, Aït Abdelkrim, Taourirt Abdellah, Adrar Amelal, Aït Berdjal, Aït Helal, Ighil Igoulmiméne, et Aftis, ont décidé de prendre leur avenir en main. Et ce ne sont pas les problèmes qui manquent. En matière d’eau potable, bien que les potentialités hydriques sont suffisantes, la population ne reçoit l’eau qu’une fois par semaine. L’eau qui se trouve en abondance est pompé au site Takhoukht mais n’arrive pas aux foyers, pour cause d’une tuyauterie dont la refection s’avère plus que necessaire. Dans une lettre adressée, au premier responsable de l’executif de la wilaya (Mr le wali), les membres du comité inter-villages ont dressé un sombre tableau. Aucun secteur de la vie au quotidien n’echappe à ce manque flagrant, à commencer par les enfants scolarisés dans l’unique école primaire qui se voient dans certains cas faire un trajet quotidien de 14 kms. Les membres du comité inter-village s’inquiettent «Il est évident que cet état de fait ne peut qu’endendrer une deperdition des competences». Bien que un terrain ou peut être implanté un CEM existe, ce rêve chimerique de tout un chacun, n’est malheureusement qu’a l’état de projet qui couve dans les tiroirs des décideurs, et ce, depuis 1987. En matière de sport et loisirs, la situation est loin d’être meilleure. Le douar est depourvu d’une maison de jeunes, ou même d’une aire de jeux. Selon le sombre tableau tracé par le comité, un terrain destiné à cet effet est en etat d’abandon «depuis près d’une dizaine d’années». L’autre parent pauvre de Ouadhias-village est le sempiternel problème lié à l’environnement tout au long de la route nationale 30 A qui mène vers Tizi Ouzou, la vue est constamment agressée, par des decharges sauvages dont l’impact sur la santé et l’eco-paysage est tout simplement catastrophique. A l’ère de l’informatique et autres technologiques de pointe, Ouadhias-village ne dispose pas encore d’une agence postale. L’ancienne agence est fermée depuis 10 ans maintenant, sans que la nouvelle ne voit ses reserves levées, afin de procédés à sa mise en fonction. Réalisée à près de 90 %, les travaux pour des raisons inconnues ont cessé depuis 2 ans. Les membres du comité demandent par consequent la reprise et la finalisation des travaux afin de rendre cette agence operationnelle. Pour affranchir une lettre ou encaisser un mandat l’habitant de Ouadhias-village est contraint de se deplacer sur une distance de 10 km environ. En matière de structures sanitaires, les membres du comité que nous avons rencontrés, signalent le manque de moyens humains et materiels de l’unique salle de soins, qui depend administrativement du secteur sanitaire de Boghni. Il y a aussi le chemin communal, dont l’état defectueux a contraint les transporteurs à revoir à la hausse leurs tarifs au grand dam des enfants scolarisés en particulier, et des habitants en genéral, qui ont tendance de plus en plus à deserter ce grand village où il ne fait pas bon vivre. Ouadhias-village cette bourgade oubliée, depend administrativement de la commune de Ouadhias, qui a été gardée sous la tutelle du chef-lieu, avec une autre importante agglomération Taguemount El Djedid. La commune de Ouadhias est gerée «provisoirement» par un adminstrateur designé. Face à la multitude des problèmes, et en absence de conseillers municipaux, l’administrateur croule sous le poids des doleances et à juste titre de ses administrés. Ces derniers reclament leur droit au logement, à l’education, à la santé…Ce qui n’est pas chose aisée, pour l’administrateur (de Ouadhias et d’ailleurs) qui se trouve esseulé face à des problèmes inombrables. Comme nous l’avons signalé dans notre reportage du 09 octobre 2004, consacré à «La commune de Ouadhias», seul un retour à la normale de la gestion des affaires publiques, à savoir des assemblées democratiquement élues, peut sauver la Kabylie de son isolement et j’ajouterai de sa gestion boiteuse.
M. Ouaneche
