l Qui ne se souvient des lycéens internes assassinés à Médéa ?
D’ailleurs, c’est depuis ce massacre qu’une directive émanant du ministère de l’Education nationale est tombée sur les bureaux des directeurs des établissements scolaires à l’échelle nationale en vue de prendre toutes les dispositions nécessaires et de veiller sur la sécurité des élèves et des locaux. Durant des années, tout le monde de l’élève à l’enseignant, en passant par les agents, est soumis à des règles draconniennes : interdiction de stationner devant les écoles, fouille systématique des sacs et cartables. Indubitablement, avec le retour de la paix, ces mesures sont mises de côté ! Ce qui s’est passé dernièrement à Boumahni, quand une personne blessée lors d’une querelle dans un lieu de débit de boissons alcoolisées, a pénétré dans un CEM, est un exemple édifiant en matière de baisse de la vigilance. Dans le même contexte, certaines sources nous ont confié sous l’anonymat que le nombre d’agents de sécurité serait, lui aussi, revu à la baisse. « Il faudrait déterrer cette directive et l’appliquer tout comme au début des années 90 », nous a déclaré un chef d’établissement dans une zone rurale. « Ne perdons pas de vue aussi cette recrudescence de violence observée ces derniers temps. Les deux attentats aux véhicules piégés à Réghaïa et Dargana devront être pour nous un avertissement », a ajouté notre interlocuteur. Effectivement, ce responsable a raison de s’inquiéter pour autant. Car, seule la mise en branle de tous les dispositifs de sécurité mis en place durant la décennie rouge pourrait venir à bout des fauteurs de troubles. Désormais, certains chefs d’établissement s’étaient déjà concertés en vue de redéployer les systèmes de contrôle à l’entrée de leurs écoles. Alors que d’autres pensent qu’il faudrait y placer des panneaux interdisant tout stationnement, lorsque ceux-ci ont disparu. En tout cas, ce n’est là qu’un rappel, mais aussi, c’est une prise de conscience afin d’éviter des drames.
H. N.
