Le problème de la monnaie revient de façon cyclique. Chez l’épicier comme chez le boulanger, vous vous entendez dire, quand vous tendez un billet de cent ou de deux cents dinars : « Ssarf !, la monnaie, s’il vous plait ! ».
On peut toujours admettre que votre épicier ou votre boulanger manque de monnaie, mais que dire du bureau de poste où vous vous présentez pour acheter un timbre ou payez une redevance : « Donnez-moi le compte précis » ou « je n’ai pas de monnaie ». Et plus d’un est resorti de la poste pour… faire de la monnaie !
A Sonelgaz ou à l’Algérienne des eaux, c’est la même chanson : apportez le compte exact. Au pire, on vous renvoie chercher les pièces qui manquent, au mieux, vous attendez que la monnaie se fasse…
Et le comble, c’est que les factures comportent toujours de centimes : vingt-trois, quatre vingt-dix-sept…. Il va de soi que le préposé arrondit toujours et toujours à votre détriments. C’est ce que font aussi les commerçants, qui affichent des centimes mais font toujours payer au dinar supérieur.
Parfois, ce n’est pas un dinar que l’on vous prend, mais deux, trois, voire même cinq : Makach ssarf, ulach ssarf, ‘’il n’y a pas de monnaie ! » C’est le même scénario où il y a une pesée : qu’il s’agisse de viande, de pommes de terre ou de papier d’emballage, on vous dit ‘’prenez tant, ça fera un chiffre rond ! »
Et parfois même sans ajouter la quantité qui fait le chiffre rond, le commerçant arrondit : 145 dinars deviennent 150 dinars, 266 deviennent 300, etc. On peut imaginer les gains que de tels commerçants font, sur le dos de la « monnaie ».
S. Aït Larba
