Plus de 700 élèves sans lycée

La sourde oreille de l’administration aux doléances des lycéens a failli provoquer une dérive au sein du lycée Maouche Idriss de la commune de Taskriout, en créant un conflit entre les partisans de la grève et ceux qui veulent reprendre les bancs de l’établissement.

D’emblée, ce lycée a connu durant le mois écoulé trois mouvements de protestation, organisés par les lycéens qui réclament et exigent la réintégration des élèves exclus à tous les niveaux qui dépasse les 300, la prise en charge en cantine scolaire, dont l’administration exige un certificat de kilométrage qui dépasse 12 km pour bénéficier de la demi-pension, l’ouverture d’une salle omnisports et aussi, ils dénoncent le retard non justifié des manuels scolaires qui empêche le bon déroulement des cours.

D’un autre côté, dans un rapport adressé à la tutelle et aux autorités publiques par la famille éducative en exposant la situation alarmante du lycée, à savoir l’anarchie totale engendrée par la bureaucratie et le manque flagrant d’encadrement pédagogique, d’infrastructures et de moyens matériels, techniques et compétences à même de convenir au nouveau système éducatif.

Il est à signaler que ce lycée qui accueille à la fois les élèves de la commune de Taskriout et ceux de la commune d’Aït Smaïl connaît une surcharge énorme qui dépasse plus de

1 500 élèves, dont le nombre d’élève par classe atteint 50.

« Face à cette situation qui ne finit pas de s’aggraver, et tout en reconnaissant que cet état des lieux est dû à l’incapacité de Taskriout, avec ses moyens humains, matériels et technique, d’accueillir les élèves des deux communes, nous trouvons que la seule solution à ce problème est l’implantation d’un nouveau lycée à AÏt Smaïl dans les plus brefs délais », a déclaré le président de l’APC d’Aït Smaïl.

« Notons par ailleurs que plus de 700 lycéens d’Aït Smaïl doivent faire chaque jour, matin et soir, du chemin pour se rendre jusqu’au lycée de Taskriout, situé à 9 km de la commune d’Aït Smaïl sans oublier que plus de 50% des élèves habitent les zones éparses de la commune, ce qui rend impossible d’assurer le transport, surtout durant la saison hivernale, malgré la disponibilité de trois bus communaux dans le cadre du ramassage scolaire et de bus privés », a-t-il ajouté.

De plus, malgré le caractère privé de terrain de la commune, l’assiette foncière pour la construction d’un lycée est disponible, d’ailleurs le PV de choix de terrain est établi il y a deux ans et la carte scolaire de la commune est très favorable pour avoir un lycée, il ne reste que la décision des autorités concernées, attendue il y a longtemps par la population, surtout par les parents d’élèves qui n’arrivent pas à subvenir aux besoins scolaires de leurs enfants dont chaque lycéen a besoin au moins de 100 DA/jour, ce qui n’est pas évident pour les couches défavorisées de la société.

Sachant que cette municipalité de 27,8 m2, située au sud-est de la wilaya de Béjaïa, qui compte environ 15 000 habitants, n’a aucune vocation industrielle ou autre et elle n’a connu aucun programme de développement malgré son accession au statut de commune en 1984.

Abdelouahab Fersaoui