Lors d’une déclaration faite aux journées d’études sur le tourisme balnéaire, le ministre du Tourisme a été clair : l’exploitation des plages sera concédée au secteur privé, notamment à ceux qui gèrent des structures hôtelières, mais l’accès aux plages restera public, c’est-à-dire comme par le passé, gratuit. Il est évident que les services offerts sur les plages, comme le gardiennage des voitures ou la location des parasols, des chaises longues ou des tentes, sont, eux, comme ils l’ont toujours été, au demeurant, payants. Voilà qui est rassurant et freinera les appétits de ceux qui seraient tentés de tout monnayer. L’économie de marché n’est pas la jungle que certains croient, en tout cas, elle n’exclut pas les intérêts, voire le bien-être de la société et même de l’individu. En Algérie, le soleil et la plage ont toujours été des biens communs, des plaisirs auxquels chacun a toujours eu droit. Certains même, en période estivale ne disposent que de ce bien à la fois abondant et gratuit. Tous ces milliers de jeunes et de moins jeunes, privés de vacances à cause de la paupérisation des classes pauvres et même moyennes, se ruent sur les plages où, moyennant un ticket de bus, on peut passer d’agréables moments, se retrouver entre amis ou même entre familles. Des navettes de bus existent même pour conduire les gens habitant dans les régions éloignées des côtes vers la mer. On part le matin pour ne retourner que le soir, on mange sur place les casse-croûtes que l’on achète ou que l’on confectionne avant de partir… L’accès gratuit aux plages est un principe, bien plus un droit, qu’il faut garder.
S. AÏt Larba
