Constructions fragiles

Quand de vieilles écoles, datant parfois de la colonisation, menacent ruine, on se dit toujours : « C’est vieux, il est normal que cela ne tienne plus ! » Mais quand il s’agit établissements tout neufs, on est en droit de s’interroger.

La Dépêche de Kabylie a évoqué, ces derniers jours, le cas d’une école, vieille d’une année seulement dont la toiture, les peintures et les canalisations partent en morceaux. Avec l’hiver qui approche, les écoliers risquent de venir en classe avec des parapluies ! Et dire que cette école a coûté plusieurs millions de dinars !

Et cet établissement ‘’neuf » n’est certainement pas le seul à présenter ce genre de tare. Les parents d’élèves et les citoyens, eux, s’interrogent : comment ce genre de chose peut se produire ? Qui a construit ces écoles ? Et surtout, qui a suivi la construction ? Il y a eu certainement des responsables qui ont procédé au choix des entreprises et des entrepreneurs, il y a eu certainement des cahiers de charges, des bureaux d’étude, des architectes, et surtout des contrôleurs…

Des gens qui ont empoché l’argent public et qui de ce fait devaient s’assurer que les ouvrages étaient conformes aux normes… L’Etat dépense énormément d’argent pour construire des écoles, des hôpitaux, des logements, des stades : tout ouvrage doit être soumis à un contrôle strict, pour ce qui est des dépenses mais aussi de la qualité.

On tremble à l’idée d’un tremblement de terre de l’intensité de celui de Boumerdes : combien de ces constructions tiendraient ?

Si les peintures et les toitures ne tiennent pas, on s’interroge sur la solidité des murs et des fondations…

S. Aït Larba