C’est en ami de l’historien français Pierre Vidal-Naquet, que le leader du FFS, Hocine Ait Ahmed, est intervenu lors de la journée d’hommage organisée, le 10 novembre passé, à la bibliothèque nationale de France, à cet illustre historien qui n’a pas cessé, de condamner le colonialisme et ses méfaits en Algérie.
D’emblée, Ait Ahmed a entamé son hommage en déclarant » Allié fidèle, juste parmi les justes dans ce monde où le terme semble plus à sa place…aucun mot ne rendra jamais compte du vide terrible laissé par Pierre ni de ce qu’il représentait pour moi, pour ma génération et pour tous les Algériens « .
Interpellé pour apporter son témoignage sur le « Naquet » post indépendance de l’Algérie, Ait Ahmed s’est refusé de dissocier les deux périodes qui ont marqué l’action de cet historien et ses œuvres. « Il me semble donc impossible de dissocier les deux périodes, même si je m’y suis résolu. Je crois en effet que la lucidité manifestée par Pierre Vidal-Naquet dans l’après indépendance est intrinsèquement liée aux raisons qui ont guidé son engagement et son courage pendant la guerre de libération » avait-il indiqué.
Le leader du FFS est remonté jusqu’à l’adolescence de Naquet, pour expliquer son aversion aux régimes totalitaires. Sur cette lancée, il expliquera que l’historien épris de démocratie et des droits de l’homme avait déjà rejeté les crimes nazis contre les juifs, durant la deuxième guerre mondiale. « Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de son refus radical de toutes » les raisons d’Etat « , de tout ordre international pan-étatique ou des complicités occidentales avec les régimes totalitaires. Son aversion pour les régimes totalitaires ou fascisants, de droite comme de gauche, son rejet tripal de la terreur d’Etat trouvent ici leur origine » a-t-il estimé. Par ailleurs, Hocine Ait Ahmed a encore révélé que, c’est dans le maquis du FFS en Kabylie, qu’il a réuni à la hâte des écrits qu’il a rassemblé dans son livre » la guerre et l’après guerre ». « Cet ouvrage n’aurait jamais vu le jour sans Pierre Vidal-Naquet et sans Jérome Lindon des éditions de minuit » a tenu à révéler le premier responsable du vieux parti de l’opposition en Algérie.
H. Bouziane
