Les mesures préventives d’hygiène et de salubrité publique lorsqu’elles sont particulièrement prises en charge peuvent épargner aux citadins bien des maladies. Il est inconcevable qu’on puisse s’accommoder de la saleté, parfois même dans les endroits réputés pour leur propreté, au début du 3e millénaire. L’indifférence des Autorités en charge du dossier a fait inévitablement perdre aux citoyens il est vrai certains réflexes de survie des plus élémentaires dans une ville aussi implacable. Le spectacle des femmes et des enfants traînant des bidons ou des jerricans à longueur de journée à la recherche du liquide précieux est en soit édifiant quant à l’existence d’une politique de l’autruche et du pis-aller en la matière. Sécheresse ou pas, des gestes machinaux sont donc nés chez les uns comme chez les autres et le fait de s’approvisionner occasionnellement en eau — lorsque la pluviosité est à son maximum — est vécu comme une seconde nature. Comment alors peut-on parler d’hygiène lorsque l’eau vient à manquer dans les robinets ? Quelles seront les réponses à donner à nos enfants lorsqu’ils nous matraqueront avec toutes ces questions liées à l’hygiène ? Pourquoi cette odeur que dégage un égout ouvert en pleine ville ? Pourquoi les ordures traînent-elles dans les rues et sur les trottoirs sans que personne ne s’en émeuve, Pourquoi les espaces verts des jardins publics sont-ils désséchés ? Pourquoi les aires de jeux sont-elles faites en dur (béton et carrelages) et pourquoi n’y a-t-il pas de fleurs sur les balcons des maisons comme celles qu’on voit à la télé, etc ? Autant de questions qui, en définitive, n’ont pas raison d’être. Tout ceci fait croire que nous sommes en train de réapprendre à vivre la vie, par le commencement, progressivement. Les bienfaits de la technologie semblent comme désarticulés dans un espace restreint et figé. « Qui n’avance pas, recule », dit-on. Dans cette optique, à quoi sert d’exhiber un portable et surfer sur le net lorsque le produit ne porte pas notre cachet ni techniquement ni culturellement. Il fut un temps où la ville de Larbaâ Nath Irathen était propre, présentait un exemple de salurbité à toutes ses consœurs de la région, agréable et attirante. Mais que reste-t-il aujourd’hui de ces sonorités nostalgiques ? La ville de Abane Ramdane a été défigurée pas seulement par l’exode mais surtout par la démission, l’indifférence et le laxisme. Il faut tout recommencer, réapprendre à nos enfants et même aux adultes à respirer la propreté. Il faut le dire, la Dépêche de Kabylie n’a pas cessé d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics locaux pour que des vérités accablantes, que certains n’osent pas/ou plus regarder en face, soient administrées, celles de notre propre décrépitude.
S. K. S.
