“Nous, soussignés, l’ensemble des habitants de la cité Abane-Ramdane, commune des Ouadhias, déclarons habiter des maisons construites à base d’une matière dangereuse: “l’amiante”.
C’est là le constat sans équivoque dressé par les habitants de la cité qui porte le nom d’un grand homme de l’ histoire contemporaine de l’Algérie.
Abane, puisque c’est de lui qu’il s’agit, mérite mieux qu’une cité-bidonville : les responsables ont peut-être voulu que Abane, plutôt son nom, soit associé à la plus déshumaine des misères.
De son tombeau, Abane assiste quotidiennement aux souffrances et autres maladies de quelque neuf cents âmes qui résident au cœur même des Ouadhias. Aujourd’hui, ce n’est nullement le marasme social qui a déjà eu raison d’une génération, de ses espoirs et rêves devenus au fil des années un terrible cauchemar qui ne veut apparemment pas les libérer.
Aujourd’hui, c’est à une autre forme de misère que les habitants de cette cité-bidonville, sont confrontés : ils vivent l’angoisse d’une mort qui les guette de près, d’une maladie qui se manifesterait de temps à autre… L’amiante !
Un élément qui fait peur aux habitants de la cité Abane des Ouadhias. Un sentiment de désarroi, de crainte. C’est là le constat que nous avons fait à travers notre entrevue avec les habitants de cette cité, particulièrement les délégués membres du comité de la cité.
Tous ont fait part de leur inquiétude quant aux conséquences affreuses que la situation désastreuse a eu comme effet. C’est ainsi que, preuve à l’appui, les membres du comité ont insisté sur la nécessaire intervention des hautes autorités sanitaires pour mettre le holà à un calvaire qui n’a que trop duré.
Dans ce sens, on nous apprend (un dossier nous a été remis) qu’une résidante de la cité Abane a été victime de l’amiante.
Le constat de cet état de faits a été établi par le centre anti-cancer Zabana de Blida, et ce à travers un certificat médical qui fait référence à l’exposition prolongée à l’amiante.
“C’est un appel plus que pressant que nous lançons aux autorités concernées pour faire le premier pas afin de nous épargner une catastrophe”, dira avec un air plein d’amertume Amar Didane, membre du comité de la cité.
Il faut dire que réglementairement la question de l’amiante et ses dangers ont été cernés par le décret exécutif n°99-95 du 19 avril 1999 relatif à la prévention des risques liés à l’amiante.
On peut particulièrement lire dans l’article n°01 : “Le présent décret a pour objet de définir les mesures de préventions des risques liés aux activités dans lesquelles les travailleurs et/ou la population, en général, sont exposés ou susceptibles d’être exposés aux poussières provenant de l’amiante ou des matériaux contenant de l’amiante.”
La victime, répondant aux initiales B. S., s’est éteinte dernièrement, une mort qui a replongé les habitants de la cité Abane dans la peur : ces réflexes refont surface à chaque malaise maux.
Au moindre problème de santé, on s’affole : le danger est là. “L’urgence d’une prise en charge s’impose ; les responsables sont avertis”, dira
M. Doudène, membre du comité de la cité.
A. Z.
