L’interruption inattendue des travaux d’aménagement le 12 du mois courant et qui s’effectuaient sur la RN 75 reliant Béjaïa à Sétif via Amizour et Bouandas, et ce à la grande joie des usagers, a soulevé le tollé de ces derniers, notamment les transporteurs des voyageurs des localités de Barbacha, Kendira, Bousselam, Bouandia, Beni Mohli et Feraoun qui s’apprêtent à observer une grève illimitée à partir de samedi prochain, se référant ainsi à une correspondance du syndicat des transport de wilaya, ONTA. L’agitation couve déjà depuis l’arrêt des chantiers suite, rapporte-t-on, à une décision du wali où des spéculations vont bon train, allant jusqu’à parler de détournement de ce projet longtemps attendu par les usagers de cet axe routier délabré et mortel.
Les transporteurs des régions sus-citées parlent de deux saisons qui les ont poussés à passer à une action de protestation. D’abord, l’arrêt des travaux laissant le tronçon Amizour-Barbacha dans un état des plus dégradés où l’on a signalé même quelques accidents causés par ces désagréments et qui peut devenir de surcroît un véritable danger pour la circulation en pleine saison hivernale. Aussi, stopper les chantiers actifs sur cette route, cela suppose chez les usagers une tentative de « saboter » ce projet au détriment de toute cette région dont le développement est tributaire de la modernisation de cette route. A rappeler que le projet d’aménagement de cette route sur un segment de 18 km divisé en 5 lots a été attribué à deux entreprises privées pour un montant d’environ 40 milliards. Mais quelques semaines après l’entame de ces ouvrages, les responsables ont sommé les deux entrepreneurs de mettre leurs engins à l’arrêt, laissant derrière eux des tranchées et des amas de terre rendant ainsi la circulation très difficile sur une route connue pour son trafic important en véhicules lourds. Nos tentatives de joindre les responsables de la DTP de Béjaïa pour connaître le ou les motifs de cette décision d’interruption des travaux sont restées vaines. Néanmoins, on nous a fait savoir que cette décision est « temporaire » et que les travaux vont redémarrer dans les plus brefs délais. A en croire une source, il y a un malentendu sur la nature des travaux à effectuer et qui seraient limités à l’aménagement de la chaussée. Les responsables de la wilaya, ayant constaté des travaux de terrassement « non inclus » déjà effectué se seraient posés des questions sur le montant déjà attribué et qui s’avère insuffisant pour couvrir ce projet. A cet effet, la décision a été prise d’arrêter « momentanément » les chantiers, le temps de régulariser la situation et de « gonfler » le budget pour ainsi permettre de « relancer les travaux ».
Les usagers qui craignent autre mesure, que l’arrêt des travaux durera des semaines, voire des mois, veulent faire entendre leurs doléances en usant de la voie de débrayage.
Nadir Touati
