Les propos tenus par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Amar Tou lors de l’ouverture des travaux du séminaire sur la stabilité des médicaments organisé par le Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), ont semé le doute au sein des consommateurs et patients algériens et remis en cause la fiabilité des produits pharmaceutiques fabriqués en Algérie. Ces dires risquent même de compromettre la politique de promotion des médicaments génériques, mise en œuvre par l’application du tarif de référence et d’anéantir les actions d’exportation et de relation avec les partenaires étrangers. En effet, avancer que le LNCPP n’est pas en mesure d’assurer la qualité thérapeutique des médicaments et que le département de Amar Tou « ne sait pas ce qui est fabriqué dans notre pays et ce qui est importé et que la fiabilité de ces médicaments ne peut être sûre » n’est pas sans incidences sur l’activité des opérateurs investis dans le secteur des médicaments et sur leur image qui se voit ainsi ternie par ces propos jugés » tendancieux et irresponsables » par le groupe Saidal.
Après l’Union nationale des exportateurs et producteurs des médicaments qui ont réagi à la déclaration de Amar Tou en répliquant que « le ministre ne fait rien d’autre que critiquer la politique du Président Bouteflika dans le domaine médicamenteux », c’est au tour du groupe Saidal d’exprimer son indignation. Le réquisitoire du ministre de la Santé contre les producteurs nationaux a soulevé le courroux des travailleurs et du partenaire social du groupe présidé par Ali Aoun. Ces derniers ont tenu à apporter, dans une déclaration signée par le conseil syndical de Saidal, tous les éclairages nécessaires pour sauver l’image de marque du groupe qui « respecte les exigences technico-réglementaires en vigueur pour la fabrication et l’enregistrement de ses médicaments » et cela dans l’unique souci de » garantir l’efficacité des médicaments ». Saidal ajoutera en ce sens, que la qualité de ses produits et son respect indéfectible des bonnes pratiques de fabrication selon les standards internationaux n’est plus à démontrer, en témoignent la certification ISO 9001 en 2001 et le maintien en 2006 de la certification 9001-2000 pour son système de management de la qualité ainsi que les différents partenariats qu’il a paraphé avec plusieurs multinationales dans la production de médicaments, y compris l’insuline. Voulant rassurer davantage le consommateur des produits Saidal en démontrant la qualité de ses médicaments et leur conformité aux normes internationale, les rédacteurs du communiqué ont fait savoir que d’un côté « des études de stabilité sont menées toujours selon des spécifications internationales et le dossier pharmaceutique est constitué pour l’obtention d’un Certificat de libre vente (CLV) délivré par les autorités compétentes du ministère de la Santé » et d’un autre, » le LNCPP valide les étapes de contrôle des produits finis avant l’obtention du CLV ». Quant à l’évolution des connaissances scientifiques et techniques universelles qui nécessiteraient d’autres processus de contrôle, Saidal estime que « c’est de la responsabilité du ministère de les édicter, de les encadrer et de veiller à leur application en garantissant la qualité, l’inocuité et l’efficacité des médicaments offerts au patient ».
H. Hayet
