Un rassemblement de 300 enseignants (selon les animateurs de cette action) a eu lieu hier devant le siège du ministère de l’Education nationale, par les représentants du Conseil des lycées d’Alger (CLA), dirigé par Redouane Osmane, en signe de solidarité avec leurs camarades de l’autre syndicat autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), poursuivi en justice par la tutelle, et dont sept membres du bureau national sont mis sous contrôle judiciaire, et ce, afin de faire pression sur le ministère de l’Education nationale pour ouvrir un dialogue, ainsi que sur le ministère du Travail pour la délivrance de leur agrément. Selon le coordinateur du CLA, cette grève a été massivement suivie avec un taux de 70 %, taux contredit par ce que nous avons, en effet, constaté hier. Nous avons visité à cette occasion quelques lycées d’Alger, ce qui nous a permis de constater que de nombreux lycées n’ont pas suivi le mot d’ordre, à savoir Ibn ï Nasse, Hassiba de Kouba, lycée Aïcha d’Hussein Dey, lycée Ali Amar de Kouba, entre autres. Au lycée Zabana du Caroubier, les enseignants affiliés au CNAPEST n’ont pas eux non plus suivi le mot d’ordre de grève. Par ce mouvement de protestation, les enseignants en colère entendent « dénoncer le mépris affiché aussi bien par le ministère de l’Education nationale que celui du Travail et de la Sécurité sociale à leurs revendications socioprofessionnelles ». Le communiqué du CLA parvenu hier à notre rédaction souligne que « les enseignants investis des fonctions représentatives devraient être particulièrement protégés, tant apparaît essentiel le rôle qui leur est dévolu par le droit du travail (la loi 90-14- et 90-02), la protection exceptionnelle du droit du travail des syndicalistes investis des fonctions représentatives a été instituée non pas dans le seul intérêt de ces derniers, mais dans celui de l’ensemble des salariés ». Par ailleurs, des parents d’élèves que nous avons contactés se disent, tout en étant sensibles aux revendications des enseignants, de plus en plus inquiets sur les risques scolaires qu’encourent leurs enfants, du fait de la répétition des grèves dans le secteur de l’enseignement.
B. Nawel
