Les sénatoriales déchirent le FLN

Les élections primaires pour dégager le candidat aux sénatoriales du FLN révèlent que le parti de Belkhadem à Tizi-Ouzou est en voie de pure extinction.

Sur 137 élus aux APC et APW, seulement 97 ont pris part à la rencontre de l’INTHT, présidée par Abdelkader Bounekraf et le docteur Lounis, respectivement membre de l’instance centrale du FLN et adjoint de Ali Sédiki, superviseur du FLN pour la wilaya de Tizi-Ouzou. 41 élus ont donc préféré tourner le dos et boycotter le scrutin, qui a vu déferler 20 postulants à la candidature. La cohésion des rangs et l’unité d’action ne sont plus de mise, le FLN est plongé dans une spirale de déchirure qui risque d’engendrer une désertion quasi totale de la structure et une dislocation sans appel de ses forces. Deux courants fondamentaux se livrent une guerre féroce, à telle enseigne que les opposants au secrétaire général du parti sont prêts à tout faire sauf exécuter les consignes de la centrale du FLN. La décomposition du parti remonte aux dernières sénatoriales où des cadres du FLN ont mené une contre-campagne pour saborder la candidature de leur propre parti et ont carrément soutenu le candidat adverse et permis ainsi au RCD de se doter d’une tribune, à laquelle il ne s’est jamais attendu en dépit de l’absence à la course du FFS de Hocine Aït Ahmed.

La candidature du FLN aux dernières sénatoriales, puissamment soutenu par l’instance centrale du parti, a glané 185 voix contre 195 pour le représentant du RCD.

Pour cette fois-ci, les chances du parti du FLN se sont gravement amenuisées et la structure entièrement fissurée, si bien qu’il sera difficile d’en recoller les morceaux d’ici le 28 décembre. De similaires situations s’enregistrent un peu partout à travers les wilayas du pays, ce qui présage d’une perte quasi certaine du rapport de force politique que détient le FLN. La nette illustration de cela est l’invalidation des bureaux de mouhafadha par la centrale du parti, en dépit d’élections régulièrement tenues, comme ce fut le cas à Tizi-Ouzou où l’opération pilotée par Amar Saïdani a été aux antipodes des consignes du numéro 1 du FLN. Pour ce qui est des primaires tenues à Tizi-Ouzou, la candidature retenue n’a eu l’aval que de 16 élus sur 97 votants, c’est dire que le recul enregistré le parti à Tizi-Ouzou dénote d’une grave crise interne aux conséquences incalculables et pourrait faire le jeu, à l’occasion de ces sénatoriales, d’acteurs inattendus comme la candidature des indépendants que beaucoup d’élus FLN soutiendraient.

Khaled Zahem