On se rappelle des images des villages kabyles d’antan : les maisons en pierres, avec une toiture rouge, la place publique, la mosquée, et l’école communale. L’école, lakul, ou pour reprendre un terme moderne, agherbaz, c’est non seulement le lieu où l’on apprend à lire ou à écrire, mais c’est aussi dans ces contrées, souvent livrées à elles-mêmes, un symbole de modernité. La colonisation en a bâti quelques unes, surtout dans les centres urbains. L’indépendance acquise, et voulant porter l’instruction dans toute l’Algérie profonde, ont a construit des centaines, des milliers même. Mais aujourd’hui, comme par une sorte de retour en arrière, on ferme des écoles ! La raison, le prétexte diront certains, est que les campagnes se dépeuplent et qu’il n’y a plus assez d’enfants pour remplir les classes. C’est l’occasion de supprimer des postes, de fermer des établissements que l’on dit coûteux. Pas assez d’enfants ? Existe-t-il en Algérie des normes, des critères établissant le nombre d’enfants nécessaires pour la fermeture et l’ouverture également d’une école ? Combien d’enfants faut-il pour qu’une classe fonctionne ? Le ministère de l’Education nationale n’a jamais divulgué, de tels règlements. Or, c’est du droit des parents et des citoyens de connaître ces textes. Mais peut-être que le ministère a peur, en diffusant ces textes, de provoquer une autre polémique : si on ferme des écoles pour insuffisance d’élèves, pourquoi n’en ouvre-t-on pas pour surplus d’élèves ? Les enfants qui n’ont plus d’écoles dans leurs villages doivent faire plusieurs kilomètres par jour pour exercer leur droit à l’instruction, dans le froid comme dans la canicule… Il est vrai que ce n’est pas la préoccupation du ministère de l’Education
S. Aït Larba
