Le calvaire d’une myopathe universitaire

C’est un appel de cœur, un cri de détresse que lance la jeune Kahina Ouadi, une myopathe originaire de Bouira, laquelle, après avoir décroché son bac série « Science » avec mention, en 2005, se retrouve aujourd’hui victime d’une discrimination à outrance. Son père continue de lutter contre vents et marées pour que sa fille retrouve enfin le sourire. Ce dernier, que nous avons rencontré avant hier, et qui est venu assister aux cycles de conférences organisées par le ministère de la justice sur les droits de l’homme en Algérie, multiplie ses requêtes adressées au président de la République, le chef du gouvernement, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, le ministre de l’Enseignement supérieur, le ministre de l’Habitat et la Construction et la présidente de la Fédération nationale des handicapés-moteur pour que sa fille ait le droit aux études supérieures en tenant compte de son handicape qui la rend dépendante d’une tierce personne. Ainsi, le calvaire de Kahina Ouadi a débuté l’année dernière à l’université de Boumerdès : elle a passée une année blanche parce qu’elle ne pouvait pas accéder à la salle des cours et T. D. située en 4e étage. Elle s’est inscrite alors, cette année, au niveau de l’université de Bouira, filière science économique, mais elle bute au même problème : les salles des cours et TD sont situées au 3e étage, et comme toute les infrastructures au niveau nationale sont dépourvues de moyens adéquats telle l’ascenseur, etc., cela demeure un problème pour les personnes handicapées. Son père sollicite du directeur du centre universitaire le déplacement du groupe de sa fille au rez-de-chaussée afin de lui permettre de suivre convenablement son cursus universitaire ; or, M. le Directeur lui aurait stipulé que c’est chose impossible, que les enseignants refuseraient cette suggestion. Ce dernier, que nous aurions aimé rencontrer, s’est montré indisponible ! En attendant, la jeune Kahina, qui traîne avec elle cet handicap, risque de rater de nouveau l’année si les autorités concernées ne réagissent pas. Elle lance toutefois un appel aux autorités locales et nationales afin d’intervenir pour faire respecter l’application de la loi 096/09 du 08-05-2002 relative à la protection et la promotion des personnes handicapées et concernant leurs prises en charge pédagogiques. Elle désire savoir si les étudiants handicapés ont le droit aux études universitaires en Algérie, tout en jugeant aberrant qu’elle soit systématiquement exclue parce qu’elle ne peut accéder au bâtiment pédagogique. Révoltée, elle considère les mesures prises par les responsables du centre universitaire de Bouira de draconiennes et discriminatoires. Son seul souhait aujourd’hui c’est de pouvoir poursuivre ses études comme tout autre être humain, un des droits fondamentaux de la Constitution algérienne et un des principes de base des droits de l’homme. Cependant, le calvaire de Kahina n’a pas laissé de marbre d’autres étudiants universitaires lesquels ont mis sur pied un comité de soutien et ouvert une pétition pour la soutenir en ces moments difficiles et surtout dénoncer la discrimination.

Rayane. B