A l’inverse d’autres régions de la Kabylie où des voix s’élèvent encore contre le retour de la gendarmerie, les citoyens de la daïra de M’chedallah ont plutôt sollicité le retour de ce corps de sécurité à l’exemple de la commune de Saharidj où une pétition signée par des centaines de personnes appuyée par des écrits dans le même sens par les élus locaux, le tout adressé aux autorités compétentes qui ont donné une suite favorable au vœu de la population et ont instruit les brigades de gendarmerie de la région à reprendre du service. La réaction des citoyens de M’chedallah n’est motivée par aucun objectif politique, mais s’explique par une déferlante apparition de la criminalité dans toutes ses dimensions et ses diverses facettes (terrorisme, drogue, vols, agressions). Malheureusement après un peu plus d’une année de la reprise d’activités la gendarmerie avec des sorties sur le terrain, des barrages de contrôles, aucun incident n’a perturbé sa présence, bien au contraire chaque apparition des gendarmes est saluée et encouragée par les riverains, qui espéraient voir enfin reculer le phénomène d’une délinquance généralisée, qui a atteint de plein fouet la classe juvénile en particulier, un phénomène tout à fait nouveau contre lequel les adultes n’étaient pas préparés à l’affronter.
On a vu même des parents impuissants et désemparés porter plainte contre… Leurs propres enfants qu’ils voient s’enfoncer dans le chemin de la dérive, exploités par des spécialistes en la matière au vu et au su de tous. « Aucun corps de sécurité ne peut prétendre ignorer cette situation », c’est souligner que la reprise d’activité de la gendarmerie n’a été suivie d’aucune amélioration, et que l’espoir suscité par cette reprise commence a être déclassé par la déception, sinon une révolte apparente chez les citoyens qui pensent que les contraintes et arguments avancés pour justifier leur retrait (des gendarmes) étant définitivement écartés ce corps doit aller jusqu’au bout de sa mission et sévir contre ceux qui sont à l’origine de ces fléaux qui causent des ravages, avec un degré supérieur en Kabylie. Ce qui prend une ampleur effrayante et angoissante pour la société civile locale est facilement maîtrisable pour ce corps de sécurité qui dispose d’un arsenal « matériel et juridique » et auquel il suffirait d’avoir la volonté nécessaire. Le peu d’ardeur dont ils font preuve ne passe pas inaperçu.
Omar Soualah
