l S’il faut à Béjaïa mettre un nom sur l’altruisme, élevé au rang de vertu cardinale, le don de soi, c’est bien à Mme Fatima Attoumi, née Kahla, la sémillante et très entreprenante présidente de l’Association des donneurs de sang qu’il faudra penser. Tenez-vous bien, cette dame en est à son 101e don de sang, plaquettes et plasma.
La barre symbolique de 100 dons atteinte, Mme Attoumi entend aller le plus loin possible. Bien peu de personnes peuvent appréhender à sa juste valeur ce chiffre qui représente une bonne tranche de vie, passée à donner régulièrement une partie de soi-même. Le fait est assez rare pour être signalé.
Mme Attoumi a choisi de s’investir dans cette partie de l’humanitaire, en toute connaissance de cause, sans rien exiger en échange, simplement loin des feux de la rampe. Qu’il est loin le temps où à Skikda, elle a offert ce bien précieux et rare qu’est le sang, ce fut le 25 mars 1973.
Cette dame-courage, dont la réputation a dépassé les frontières du pays, répond oui à chaque sollicitation, pour peu que les conditions soient réunies, là où elle se trouve. Pour la bonne histoire, son centième don, elle l’a fait à Wattrelos à la frontière franco-belge. Et comme, chez ces gens, on sait y faire, Mme Attoumi a été honorée comme il se doit. D’abord par un diplôme d’honneur, hommage de reconnaissance de la « confrérie globulons », distinction qui lui a été remise par le grand Chambellan, Charles Pinnachio. Puis, par la remise d’une médaille d’or des donneurs de sang, symbolisée par une goutte de sang.
Détentrice de la médaille du mérite décernée par le ministère de la Santé en 2004, Mme Attoumi honore son association et sa ville qui ne le lui rend pas. Ce n’est guère une surprise, la non-reconnaissance des mérites d’une dame dont l’unique sacerdoce est la lutte pour la vie. Celle des autres.
Mustapha R.
