Des touristes qui semble-t-il seraient de plus en plus nombreux à vouloir découvrir leur pays avant de s’aventurer au-delà des frontières. Dans un passé pas si lointain, il était impensable de pouvoir s’imaginer dormir à Bouira, et pour cause, la plus élémentaire des commodités, à savoir une infrastructure d’hébergement était inexistante. Pendant de longues années, Bouira possédait deux hôtels dont un construit en 1890, de quoi décourager les touristes les plus téméraires sauf peut-être ceux qui préféraient camper à la belle étoile. Depuis 2005, le chef-lieu de wilaya a vu deux autres établissements hôteliers ‘’renforcer » ses infrastructures d’accueil. En tout et pour tout, la wilaya possède actuellement six hôtels avec une capacité de 430 lits. A vrai dire, un chiffre qui demeure en deçà des espérances d’une wilaya qui propose sur l’ensemble de sa superficie plusieurs sites qui mériteraient de se faire connaître.
Le tourisme de haute montagne peut pourtant attirer un nombre considérable d’adeptes et Bouira demeure incontestablement la première wilaya du pays à offrir des sites diversifiés sur les plus hauts sommets de la chaîne du Djurdjura. Le mont de Haizer à 2123 m, Ras Timedouine à 2305 m, Akouker à 2164 m et le pic culminant Lalla Khadidja à 2308 m sont autant d’endroits propices à la spéléologie, l’alpinisme ou encore le ski en période hivernale. Il est vrai que les sites ‘’naturellement » touristiques ne manquent pas dans la région et parmi les propositions d’études de zones d’extension touristique (Z. E. T) faites en 2005 figurent des lieux qui gagneraient à être connus du grand public à l’exemple de Ain Zebda (Aghbalou), Tala Rana (Saharidj), Tikjda, la forêt d’Errich et Hammam Ksanna.
Hammam Ksanna situé dans la commune d’El Hachimia est en phase de recevoir le plus grandiose complexe thermal d’Afrique. En cours de réalisation, le futur complexe thermal sera l’un des joyaux le plus attractif de la wilaya de par la richesse de ses eaux aux vertus thérapeutiques prouvées depuis la civilisation romaine. Des Romains qui exploitaient cette source d’eau chaude et qui promulguaient déjà des bains de thalassothérapie et autres soins curatifs.
Justement, Bouira peut se targuer de posséder d’immenses potentialités dans le domaine des cures thermales. Pas moins de sept sources thermales ont été, jusqu’à aujourd’hui, recensées à travers le territoire de la wilaya. Des sources qui malheureusement demeurent inexploitées en l’absence d’investisseurs. C’est justement pour parer à ce manque d’engouement de la part des promoteurs que la direction du tourisme de Bouira compte développer une stratégie de communication à grande échelle. En réalisant des guides touristiques, des cartes et autres monographies vantant les opportunités d’investissements dans ce secteur, M Boukhelkhal directeur du tourisme de Bouira n’exclut pas la création à court terme d’un site Internet pour développer ce secteur encore inconnu du grand public. A l’instar des lacs artificiels réalisés par la construction des barrages, les sites de Tilesdit à Bechloul et celui de Oued Lakehal d’Aïn Bessem, gagneraient à être exploités en créant notamment des activités sportives, tels des clubs de nautisme, de pêche et autres activités aquatiques. L’ouverture d’une école pour l’initiation à la planche à voile et les joies procurées par cette discipline peut être un créneau lucratif pour attirer d’éventuels estivants et visiteurs de la région, mais aussi ceux d’autres wilayas en quête de loisirs et de détente. Le tourisme engendrant indubitablement la création d’emplois, le chômage serait alors en net recul dans une région où il enregistre un taux record.
Devant l’ensemble de ces potentialités offertes aux investisseurs il n’y a que l’embarras du choix, pourrait-on dire, mais qu’en est-il exactement ? D’après notre interlocuteur, cinq promoteurs ont effectué des demandes pour investir dans l’hôtellerie : Deux hôtels et trois relais routiers. Autant dire que le tourisme pourrait aussi bien attirer les routards à défaut. Il est vrai qu’une région ne sort pas indemne d’une décennie noire comme celle vécue par la wilaya de Bouira, mais depuis quelques temps, le retour de la sécurité à travers les endroits les plus sensibles du pays est un facteur qui favorise l’expansion touristique. Il suffit juste de mettre les moyens nécessaires pour que les touristes choisissent leurs destinations à travers une large campagne médiatique vantant les sites qui peuvent les accueillir dignement, restauration et hébergement garantis.
En effet, si le touriste vient pour se contenter d’un vulgaire « frites-omelette » sur le pouce, nul besoin de faire plusieurs centaines de kilomètres, même si les paysages féeriques et diversifiés de la wilaya peuvent satisfaire l’esprit du citadin en quête de détente. Ce dernier doit effectivement pouvoir bénéficier d’une restauration, de préférence en découvrant les spécialités locales, pour mieux apprécier son ‘’dépaysement » et sa villégiature.
Bouira peut aisément devenir une destination touristique par excellence, les sites appropriés ne manquent pas, un peu comme des joyaux dépourvus d’écrins. Les endroits pouvant recevoir les touristes ne demandent qu’à être exploités selon les désirs d’une clientèle qui, malheureusement, ne trouvant pas satisfaction en Algérie, préfère visiter nos voisins maghrébins. Des voisins tunisiens ou marocains, qui se sont investis à fond dans ce secteur qu’est le tourisme, tout en apportant cette touche d’hospitalité qui pourtant ne fait pas défaut chez nous.
Hafidh B.
