Le mouton de l’Aïd coûte cher

Tout comme chaque année en cette période précèdont de quelques semaines la fête de l’Aïd El Adha, le prix du mouton ne cesse de subir des hausses sensibles. En effet, cette année, c’est un cas un peu particulier pour diverses raisons.

D’abord, il est à signaler que la maladie de la langue bleue a découragé de nombreux éleveurs à garder leurs bêtes : nombreux sont ceux qui ont préféré les vendre au moment de l’apparition de la maladie ; en deuxième lieu, on peut dire aussi que la sécheresse, cause d’absence de fourrage, a été l’autre facteur qui a dissuadé les éleveurs, si bien qu’aujourd’hui le nombre d’ovins locaux est très minime.

Pour avoir une idée sur cette situation, nous nous sommes rendu jeudi dernier sur la place du marché à bestiaux. Certes, la pluie a gêné quelque peu cette vente mais il nous a été donné de constater que les moutons coûtaient excessivement cher. Selon un habitué de ce marché, entre deux jeudis, le prix a presque doublé.

« Ainsi, nous a-t-il dit, une bête moyenne coûtait entre quinze mille et vingt mille dinars. Ici, ce sont les revendeurs qui imposent leur loi. Ils achètent tout avant que les clients n’arrivent. D’ailleurs, ils ne donnent aucune chance aux éleveurs de s’y installer », a ajouté notre interlocteur.

Pour ce dernier, avec l’arrivée du mouton de l’étranger, le quadrupède sera peut-être abordable. Quant au mouton local, le plus prisé, son prix arrive aujourd’hui jusqu’à 35 000 dinars. En dépit du mauvais temps, nous avons tout de même vu des camionnettes venues des wilayas de Sétif, de Bouira et de Boumerdès.

« La plupart des maquignons profitent de cette occasion. Je crois qu’ils s’entendent même pour les prix », s’est exprimé à ce sujet le premier intervenant. A quelques deux semaines de l’Aïd, le citoyen ne sait plus où donner de la tête. Pour certains, il est préférable de se contenter de quelques kilos de veau chez le boucher.

« Ce n’est plus l’époque où l’on peut se permettre un mouton. Avec les dépenses consenties durant les autres occasions (rentrée scolaire, ramadhan, puis l’Aïd »), il n’y a aucun espoir. Je préfère acheter de la viande que d’égorger un « chat » pour vingt mille dinars », pense un client rencontré devant le portail du marché.

D’autres ont trouvé un moyen de contourner ce sacrifice individuel en utilisant une autre formule. Ceux-là cotisent pour égorger un mouton collectivement. « Pour faire plaisir aux enfants, on achète un mouton à quatre, cinq, voire à six personnes, et l’on accomplit le sacrifice d’Abraham. On le fait surtout pour les gosses », nous a dit un habitant de la Cité 200 logements baptisée Cité colonel Amar Ouamrane.

Cela étant, les pères de famille ont d’autres dépenses en plus de celle-ci car ils doivent aussi nourrir leurs enfants, les vêtir et leur assurer les études. « L’Algérien n’a aucun répit. Il ne sortira jamais de ce cadre de fêtes », nous a signalé un dernier intervenant. Sans commentaires.

Amar Ouramdane