Une foule impressionnante à l’enterrement de Mohammed Raïd

Ils étaient des milliers de personnes, femmes et jeunes filles en pleurs, hommes de tout âge contenant leur chagrin, enfants éplorés, à venir assister à l’enterrement de Mohammed Raid à Aït Atelli. Jamais de mémoire de villageois, une cérémonie mortuaire n’aura drainé autant de monde.

La maison du défunt était inapprochable ; les ruelles bondées de monde rendaient quasi impossible tout déplacement. Les véhicules innombrables furent forcés de s’arrêter à des centaines de mètres du quartier. La marée humaine, en ce jour où les lycées et toutes les écoles de Larbaâ Nath Irathen avaient fermé en signe de deuil, attestait de l’immense considération dont jouissait cet enseignant sympathique, communicatif et jovial, exerçant au collège Hocini Chabha.

Cette foule immense était reliée comme par un lien invisible fait de la douleur commune d’avoir perdu à jamais le parent, l’ami, le collègue de travail, le maître d’école… Les familles Raid et Benboua se sentaient amputées de leur meilleur membre, les élèves venus en masse, filles ou garçons, n’arrivaient pas à concevoir de poursuivre sans lui l’année scolaire.

Le terrible accident, qui l’a emporté, s’est passé à 300 m à la sortie de Bordj Menaïel. C’est là qu’un camion de gros tonnage a vu sa remorque lourdement chargée de fer à béton se détacher et se déporter sur la gauche, en défonçant la séparation métallique des voies.

Le véhicule de M. Raid fut écrasé par cette masse lancée à un train d’enfer. La dépouille fut exposée pendant la journée à la petite confrérie des Iwchikhen, limitrophe de la maison familiale, où le défunt lui-même participait fréquemment aux animations rituelles.

Avant la Fatiha et la mise en terre, il eut droit à la cérémonie des adieux « Elhardj » réservée uniquement aux adeptes, au son du bendir et des youyous.

La mise en terre sous les pleurs stridents des femmes, les cris de ses filles et de ses amis, eut lieu à côté de la demeure familiale, au quartier de Lemsaiel, où Mohammed repose désormais pour l’éternité.

M. Amarouche