Les marins pêcheurs comptent saisir le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Smaïl Mimoun, afin d’intervenir pour «bloquer le projet d’intégration de la Caisse des assurances des gens de mer à la CASNOS», a indiqué lundi dernier, Seghir Houas, président du comité national chargé de la pêche à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Une telle décision ne peut que nuire au secteur de la pêche que l’Etat veut promouvoir, a-t-il estimé. Lors de la réunion tenue au siège de l’UGCAA, qui a regroupé les représentants de 14 wilayas, les pêcheurs ont expliqué les raisons de leur refus de transférer leur caisse à la Caisse CASNOS. Le pêcheur n’est pas un salarié, ont tenu à relever les pêcheurs pour montrer les spécificités de leur profession. Tout en regrettant le fait qu’ils n’ont pas été consultés, ils ont relevé que «la décision a été prise unilatéralement par le ministre du Travail». «Nous ne sommes pas tenus par des horaires de travail fixes comme dans une société à terre», a fait remarquer Seghir Houas, qui ajoute, à titre indicatif, que «le calcul de la retraite est différent des autres secteurs». «Nous venons d’apprendre avec stupéfaction qu’un projet d’intégration du régime spécial des gens de mer au régime général de la CASNOS est en cours», ont soutenu les pêcheurs qui considèrent que «penser à un tel projet c’est faire fi de toutes les spécificités de la catégorie des gens de mer en les intégrant dans le régime des non-salariés». Ils dénoncent aussi la disparition des centres de santé qui prenaient en charge les pêcheurs. A cet effet, ils appellent le ministre de la Pêche pour intervenir auprès du ministre de la Santé afin de rétablir ces centres. «On avait droit à la prise en charge à l’étranger et à d’autres avantages qui ont disparu», regrette Rabah Seddiki, président du bureau de la wilaya d’Alger. Le comité national des marins pêcheurs dénonce, par ailleurs, le marasme qui prévaut au sein de la profession et déclare ne pas avoir bénéficié des apports du plan de relance économique destinés au secteur. «Les pêcheurs professionnels ne pouvant s’acquitter des 10% exigés comme apport préalable pour l’acquisition de chalutiers, ce sont des gens étrangers à l’activité qui ont eu ce privilège».
Agence AAI
