La Dépêche de Kabylie : Après une année sabbatique, les seniors dames reviennent à la compétition. Comment cela se passe-t-il ?
Hamou Medjgal : Avec le peu de moyens que nous avons, nous avons réussi à relever le défi étant donné que nos adversaires sont chevronnés. Toutefois, comme nous n’avons pas un effectif très riche, notre objectif immédiat ne sera pas l’accession en Nationale I.
Ce qui veut dire que vous allez vous occuper de la formation
Oui. D’ailleurs, le volleyball à Toudja est en phase d’implantation.
Vous savez très bien que les clubs primaires ne sont pas protégés. C’est-à-dire, dès qu’un joueur émerge, il reçoit des propositions alléchantes des clubs qui ont en les moyens
C’est vrai. Mais, nous, nous avons eu des assurances de la part de nos athlètes. Pour le moment, aucun de nos athlètes ne quittera le CRRT, même si c’est pour rejoindre le MCA avec Sonatrach.
C’est ce qu’ils disent pour le moment…
Oui, mais je vous répète que le volley à Toudja est en cours d’implantation.
Avez-vous sensibilisé les autorités locales pour cela ?
Non. Nos rapports avec les autorités locales se limitent aux subventions. Nous n’avons pas assez de moyens. Déjà le fait de n’avoir déclaré aucun forfait est une satisfaction en soi. Toutefois, les subventions doivent être augmentées, que ce soit celles du fonds de wilaya, APC ou APW. Ne serait-ce que par la prise en charge du transport puisque le ministre de la Solidarité a octroyé à l’APC un bus. Tout notre budget est englouti par le transport. C’est trop.
Donc, les subventions ne sont pas suffisantes…
Elles ne sont pas suffisantes effectivement. Comment voulez-vous aller loin avec 45 millions de centimes pour un club de huit catégories. Avec ça, les athlètes sont satisfaits. Ils ne sont pas exigeants.
Mais le problème, c’est qu’il existe des joueurs dans d’autres clubs que l’on appelle « Les murènes du sport »…
Cela ne nous concerne pas pour le moment car nous ne sommes pas assez forts. Nous espérons que nos athlètes resteront tels qu’ils sont aujourd’hui et qu’ils ne deviendront pas trop exigeants. Dans le cas contraire, ce sera la disparition du club.
Est-ce que le volleyball a sa place à Toudja comme à Béjaïa ou El Kseur ?
Non. Toutefois, il est en train de s’y implanter. Vous savez, nous avons réussi à briser un tabou : le sport féminin. Nous avons commencé par des Bougiotes qui ont montré aux citoyens de Toudja, comment elles évoluaient. Aujourd’hui, après les inscriptions des jeunes, filles et garçons de Toudja, nous sommes à huit catégories.
Quand est-ce que vous avez débuté ?
En 2000
Et l’infrastructure ?
Il y a une voûte à Toudja qui n’est pas conforme pour les seniors. Mais si on accède en Nationale I, on ne pourra plus y jouer. Donc, on sollicite les autorités locales pour inscrire le projet d’une salle omnisports à Toudja ?
Vous voulez dire que cette voûte n’est pas homologuée ?
Elle est homologuée pour les petites catégories. Les seniors dames aussi y jouent car le championnat promotionnel est géré par la Ligue de wilaya. Par contre, si c’était la Fédération nationale, la salle ne serait pas conforme.
Vous risquez donc, de connaître le même problème que l’Olympique d’El Kseur qui reçoit à Béjaïa
C’est aussi le problème de Seddouk VB qui reçoit à Akbou. Ils ont le même problème que nous puisqu’ils ont une voûte. Et pourtant, le SVB a arraché une Coupe d’Algérie en 2001, finaliste en 2003 (minimes filles). Maintenant, comme elles sont en Nationale 1, elles ne peuvent plus jouer dans leur salle.
Quels sont les autres problèmes que vous rencontrez ?
Des problèmes d’ordre financier et de l’encadrement technique. Nous avons huit catégories qui s’entraînent avec seulement deux entraîneurs. Les techniciens hésitent à travailler à Toudja à cause de l’éloignement. J’ai sollicité plusieurs techniciens en leur promettant de prendre en charge le transport, en vain.
Il n’y a pas de techniciens à Toudja ?
Justement, il n’y en a pas. Mais, nous sommes en train de sensibiliser nos joueurs qui sont en terminale afin qu’ils choisissent, au cas où ils décrocheraient leur bac, de faire une formation à Aïn Benian ou ailleurs. Ils pourront ainsi encadrer le club à l’avenir.
Un dernier mot…
Je sollicite les industriels implantés à Toudja, ainsi que ceux qui ont de l’argent, afin de nous aider, car si nous n’obtenons pas de l’aide, le club risque de disparaître. Si ce n’est pas pour cette année, ce sera pour l’année prochaine. Tôt ou tard, cela arrivera si nous n’obtenons pas de l’aide.
Propos recueillis par Tarik Amirouchen
