Les travailleurs de la fédération nationale des exploitants libres des stations-service(FNELSC), semblent décidés de ne pas faire marche arrière quant à leurs revendications. C’est du moins ce qui ressort des déclarations de leur président, Mustapha Boudjemlal lors d’une conférence de presse, animé hier au siège de l’union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Durant laquelle le conférencier, s’est longuement attardé sur le conflit opposant sa fédération à Naftal, un conflit qui date depuis la création de cette dernière en 1982 (Naftal). Ayant été l’objet ‘’de pressions et d’intimidations multiformes » exercées-notamment après la parution de « la signature du contrat-coupe-gorge », les exploitants libres des stations-services, déterminés à se faire entendre.
A ce fait ils ont décidé d’aller plus loin dans leur combat avec Naftal. Dans ce registre, Boudjemlal fera savoir que « si aucune réponse ne sera réservée à nos doléances d’ici le 16 ou 17 janvier prochain, nous déposerons un préavis de grève qui prendra effet, à partir du 15 ème jour. Nous paralyserons les 400 stations-service que nous gérons à travers le territoire national à partir du 18 du même mois », a t-il déclaré. Si on se réfère aux déclarations de Boudjemlal, « Naftal exige de ces exploitants la signature d’un contrat de 03 ans, alors que la fédération (FNELSC) exige un contrat de 10 ans renouvelable. »
Outre qu’elle exerce des pressions et intimidations vis-à-vis des exploitants de ces stations-service, ajoute Boudjemlal, Naftal n’a pas alimenté en carburant pendant12 jours, comme elle a aussi formulé des menaces écrites d’expulsion assorties d’un ultimatum qui prendra fin le 31 du mois courant.
Sur 01dinar/litre, dont bénéficient les exploitants, ajoute M. Boudjemlal, Naftal « prélève 70% comme redevance de gestion extorquée aux exploitants sans contrepartie ».
Juridiquement, les stations-service dites GL, faut-il le souligner, sont un bien de l’Etat, selon le conférencier qui précise que « c’est l’interprétation biaisée de l’ordonnance de 1968 qui accorde une priorité à Naftal occultant ainsi près d’un demi siècle de travail accompli à 100% par des algériens. Des stations-service ont été démolies et leurs exploitants n’ont bénéficié d’aucune indemnisation. » Les gérants des stations-service n’ouvrent pas droit à une retraite après plus d’un demi siècle d’activité. Regroupant plus de 400 exploitants, la fédération nationale des exploitants libres des stations-service propose, en plus d’un contrat de 10 ans renouvelable, la concession afin de garantir la pérennité de cette activité.
Le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens, Salah Souilah, a pour sa part, estimé que la position de son organisme vis-vis de ce conflit est claire. Il dira dans ce sens que « l’UGCAA soutiendra corps et âmes la fédération nationale des stations-service jusqu’à l’obtention de gain de cause ». Bourezg Mohamed, exploitant libre d’une station-service, quant à lui, a déclaré que « le contrat en question (celui de 03 ans), a été signé par contrainte par certains exploitants ». et d’ajouter que 80% des exploitants libres des stations-service « ont des contrats avec Esso et non avec Naftal », a t-il conclu.
R. D
