L’élaboration du statut de l’enseignant est en projet

« Le statut de l’enseignant est en cours d’élaboration et sera connu dans le cadre des textes d’application de la Fonction publique ». C’est ce qu’a affirmé, jeudi dernier, le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, en marge de la séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée aux questions orales. Il informe, également que le secteur de l’éducation tient actuellement des réunions à ce propos avec tous les syndicats et représentants des enseignants dans le but d’élaborer un projet de loi relatif au secteur, « nous travaillons aujourd’hui avec toutes les parties sans exclusive et nous annonceront le projet en temps utile dans le cadre de la loi de la Fonction publique ».

L’Etat réserve une place particulière à l’enseignement scientifique et technologique

En outre, le ministre de l’Education nationale, a affirmé lors de son intervention au cours de cette séance qui l’a réunie avec les élus du peuple, que l’Etat a réservé une place particulière à l’enseignement scientifique et technique, dans le processus de réformes du système éducatif. Il ne manque pas de rappeler les décisions prises en 2002 par le conseil des ministres à propos de ce mode d’éducation. Ces décisions, a-t-il dit, se sont traduites « dans les nouveaux programmes éducatifs à travers l’introduction, dès la 1ère année primaire, de l’éducation scientifique et technique, comme discipline à part entière ». Sur le volume horaires réservé à ce genre de matières, appelées à relever les défis des nouvelles technologies de l’information et la communication (NTIC), M. Benbouzid a affirmé que celui-ci varie entre 30 et 40 % de l’emploi du temps de l’élève. Concernant l’enseignement moyen, le ministre a fait savoir que ce volume est de 35 % de l’emploi du temps, rappelant que 1000 CEM ont été dotés de laboratoires d’informatique et que 3000 autres le seront au courant de cette année.

Pour l’enseignement post-obligatoire Benbouzid a précisé que les arrêtés du Conseil des ministres dans ce cadre sont très  » clairs « . Selon ces arrêtés, la restructuration de ce type d’enseignement se fait à travers trois grandes filières qui sont l’enseignement général et technologique, l’enseignement technique et professionnel et la formation professionnelle, a expliqué Benbouzid. Cette restructuration, a-t-il encore indiqué, distingue parfaitement entre « l’enseignement général et technologique qui prépare l’accès à l’université et l’enseignement technique et professionnel qui prépare les élèves à la vie active et qui est sanctionné par un diplôme de technicien ou d’un baccalauréat professionnel ». Le ministre a rappelé, dans ce cadre, la restructuration de l’enseignement général et technologique, appliquée depuis septembre 2005, précisant que son secteur organisera, l’année prochaine, le 1er baccalauréat dans cet enseignement. Cette restructuration, ajoute Benbouzid, s’inscrit au titre de l’orientation scientifique qui bannit la spécialisation précoce et la pluralité des branches et consacre un enseignement cohérent et fondamental dans les domaines scientifique, technologique et littéraire. Le ministre indique très explicitement que cette restructuration a donné naissance à la branche mathématiques-techniques dans quatre spécialités, à savoir le génie mécanique, le génie électrique, le génie-civil et le génie des procédés. Le volume horaire décidé pour ce type d’enseignement oscille entre 36% et 53% selon les troncs communs et les branches, abstraction faite de l’horaire consacré à l’enseignement de l’informatique. En réponse à une question sur la prise en charge de cet important volume horaire, Benbouzid affirme que son secteur ne « connaît pas de problèmes en matière d’encadrement adéquat et qualifié, d’autant que l’Etat a affecté d’importantes subventions à cet effet outre les postes à pourvoir en vue de couvrir les besoins du secteur dans cette spécialité ». Répondant à une deuxième question sur la suppression de 50% des branches techniques au niveau des écoles techniques et la baisse du volume horaire du reste des branches, le ministre indique qu’il s’agit plutôt d’un « allègement des branches en vue d’éviter la spécialisation précoce, à l’origine de l’échec de 90% d’étudiants universitaires en première et deuxième années universitaires. Il est inconcevable qu’un élève se spécialise pendant le cycle secondaire en chimie ou en électronique alors qu’il ne maîtrise pas encore les mathématiques ou la physique ». Il ne manque pas de rappeler que  » la réforme du système éducatif a tenu compte des dimensions scientifiques et technologiques conformément aux décisions du Conseil des ministres de l’année 2002 et aux orientations du président de la République. S’agissant du sort des enseignants du technique, le ministre a rassuré sur la place de ces derniers dans le secteur de l’éducation nationale, affirmant que « nous avons grand besoin de ces enseignants voire d’un plus grand nombre au regard du nombre croissant des élèves du secondaire qui atteindra à l’orée 2015 deux millions d’élèves ».

De plus, et à propos des cours de soutien dispensés par le ministère de l’Education aux élèves du baccalauréat, Benbouzid affirme que cette mesure « première du genre » se divise en trois catégories: « les cours de soutien » dans les matières essentielles de chaque filière qui commenceront dès les vacances d’hiver, « les cours surveillés » pendant les heures creuses et « des séances de révision ».

Le ministère a procédé, selon Benbouzid, à l’ouverture de ses établissements éducatifs en dehors des horaires officiels pour dispenser des cours de soutien aux élèves de 3ème année secondaire, sachant qu’une commission nationale chargée de renforcer les classes du baccalauréat a été installée dans le but de mettre en place  » un cadre adéquat pour soutenir les élèves de terminale et d’améliorer leur rendement par l’utilisation rationnelle des moyens dont dispose le secteur « .

Kahina Oumeziani