12 000 projets financés par an

« Il y a un consensus national pour prendre en charge cette politique de l’emploi. La volonté de l’Etat s’exprime autour de la mobilisation des ressources financières », a affirmé, hier, Said Anane, directeur général de l’emploi et de l’insertion au ministère de l’Emploi et de la Solidarité national lors de son passage à l’émission « en toute franchise » de la chaîne III de la radio nationale.

M. Anane a tenu a rappelé dans un brève exposé les différents dispositifs du soutien à l’emploi de jeunes lancés par les pouvoirs publics dans le but d’enrayer le chômage. « Il est indispensable de connaître le marché de l’emploi pour le réguler », dira-t-il, et d’ajouter que « 73% des concernés par ces dispositifs sont des jeunes dont 69% n’ont jamais travaillé.  » M. Anane a souligné que les pouvoirs publics ont consenti en 1999 environ 12 milliards de centimes pour le financement de 260 000 postes d’emploi alors que 30 milliards de centimes ont été dégagés par la loi de finances en 2005 pour la création de 560 000 postes, soit une augmentation de 150%. Exposant les différents dispositifs de soutien à l’emploi de jeunes, le conférencier a estimé que l’Algérie est l’un des rares pays à avoir consacré 4 dispositifs. « C’est une stratégie de traitement du chômage par l’économique », a-t-il noté.

Abordant le mécanisme du contrat de préemploi destiné aux jeunes diplômés, M. Anane a indiqué que ce dispositif n’est pas fondé sur la loi 90-11. « On n’est pas encore dans le contexte de travail économique. Il vise à améliorer leur employabilité », a-t-il estimé. Sur le chapitre relatif au dispositif consacré aux jeunes issus de l’échec scolaire, le représentant du département de Ould Abbas a fait remarquer que les pouvoirs publics ne veulent pas laisser en marge cette frange. L’objectif de « l’indemnité pour activité générale (IAGI), une des composante du filet social, est de leur donner les rudiments nécessaires leur permettant d’améliorer leurs capacités professionnelles ». M. Anane a évoqué également les agences spécialisées de placement et d’intermédiation, lesquelles sont, d’après lui, des lieux idoines aux demandeurs de d’inscrire à l’emploi. « Il y a une amélioration de placement du travail », a-t-il soutenu. Concernant la réalisation de l’autoroute est-ouest sur un tronçon de 1000 km et l’ouverture du métro d’Alger, l’invité de la chaîne III est persuadé que ces projets auront un impact important sur l’emploi, à l’instar des activités de loisirs et de la restauration.

Plus explicite sur le mode d’octroi des crédits de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (ANSEJ), l’intervenant voit dans l’Algérie un « pays attractif », en déplorant toutefois le problème du foncier industriel.

Pour lui, le demandeur doit mobiliser un apport personnel de l’ordre de 5% du coût du projet inférieur à 2 millions DA et un apport de 10% lorsque le projet dépasse le même seuil. Néanmoins, perçu par les citoyens comme un écueil à l’obtention de crédits, M. Anane a rappelé que lors de la réunion gouvernement –walis tenue en 2003, il a été décidé de baisser le niveau de l’apport personnel du demandeur.

L’hôte de la radio a relevé que la qualification doit être en harmonie avec le projet en question, et ce, pour assurer sa pérennité, en précisant que les projets de l’ANSEJ sont exonérés d’impôts. Abordant le second dispositif destiné aux citoyens âgés entre 35 et 50 ans, le représentant du cabinet de l’Emploi et de la Solidarité nationale a expliqué que ce mécanisme vise les travailleurs qui ont perdu leur emploi pour des raisons économiques. Ceux-ci disposent de « la maturité te de la qualification pour aller à la création de l’emploi. « , a-t-il indiqué. Selon l’orateur, et troisième mécanisme qui est le micro crédit, va permettre à ceux qui disposent des revenus instables de devenir des acteurs de leurs micro-entreprises. Commentant les résultats de ce dispositif, M. Anane a affirmé que l’objectif n’est pas atteint. « Même s’il est hâtif de tirer des conclusions, le bilan reste mitigé », a-t-il noté. Interrogé sur la problématique de l’accès au local à travers ces différents mécanismes, le conférencier a attesté que cette question a été réglée suite au financement des 100 locaux par commune, initié par le président de la République en octobre 2003.

Par ailleurs, à la question de connaître les raisons de la rigidité des banques à financer des projets, l’orateur s’est montré évasif en déclarant n’avoir aucune injonction à faire en direction des banques. « Nous essayons d’avoir un partenariat positif » avec les banques avant d’indiquer que « c’est grâce aux pouvoirs publics que les banques donnent des crédits ».

D’après lui, en cas de non-remboursement du crédit, c’est le fonds de garantie qui intervient M. Anane a annoncé, en outre, la réhabilitation du bureau communal de l’emploi.

Hocine Lamriben