Que se passe-t-il au nouveau lycée ?

Les quelques années d’âge du nouveau lycée d’Aokas ont été émaillées d’indiscrétions et de faits, apparemment anodins, faisant penser à un fonctionnement qui serait loin d’être optimal.

« Des résultats médiocres comparés à ceux de l’ancien lycée », selon certains ou le « vol d’un ordinateur » lors d’une fête ayant eu lieu dans l’enceinte de l’établissement ont été les faits saillants, ayant servi d’argumentaire à ceux qui trouvent à redire sur ce sujet. C’est ce qui a poussé l’ensemble des travailleurs, enseignants, personnel administratif et employés à faire destinataire la direction de l’éducation de Béjaïa d’une requête assortie d’un ultimatum, dans laquelle ils demandent une commission d’enquête pour faire la lumière sur ce qui se passe réellement au niveau de l’établissement.

Le rapport ainsi adressé à la représentation locale de la tutelle dresse l’inventaire d’anomalies qui, selon ses auteurs, seraient les véritables causes de la situation qu’ils stigmatisent. C’est en fait après l’arrivée à terme de l’ultimatum que les auteurs du document reviennent à la charge pour mettre à exécution leurs menaces en rendant publique, via la presse écrite, ce qu’ils estiment être « une affaire qui n’a que trop duré ». Et les griefs ne manquent pas. « C’est l’anarchie qui a toujours régné en maître au sein de l’établissement », nous confient MM. Tayakout et Senoune, qui ont pris attache avec nous.

Interrogés sur le véritable sens de leur propos, ils renchérissent : « Des intrus et des personnes étrangères au lycée s’introduisent à leur guise à l’intérieur de l’établissement du fait de la perméabilité et de la permissivité qui y sont manifestes. Un climat d’insécurité y règne, pour les dortoirs filles notamment, en raison d’une clôture insignifiante et d’un mur d’enceinte que n’importe quel curieux peut facilement franchir. C’est en somme ces facteurs, conjugués à l’instabilité et aux dysfonctionnements constatés au niveau du personnel administratif, qui entravent le fonctionnement normal de l’établissement et le bon déroulement des cours. Et que voulez-vous que l’actuel directeur y fasse, sachant que sa situation est critique, forcé qu’il est à un va-et-vient quotidien de 6 escales pour se rendre de la vallée jusqu’à Aokas alors que les logements sont indûment occupés dans l’enceinte de l’établissement et utilisés comme des logements de plaisance durant les périodes de vacances » ? Et ils citent à titre d’exemple le cas de ce logement occupé par l’ancien D. E. de Béjaïa en poste actuellement à Jijel. Contacté par nos soins, ce dernier se défend de toute idée d’accaparement illégal. « C’est un ancien directeur qui a exercé au niveau de ce lycée qui occupe indûment le logement qui revient de droit à celui actuellement en poste. Celui que j’occupe, je l’ai acquis sur décision ministérielle, tout ce qu’il y a de plus légal », nous confie-t-il.

Quant au directeur actuel du nouveau lycée, il nous confirme la chose tout en refusant de s’exprimer sur le fameux rapport. « Je suis obligé de faire trois escales sur un trajet de 50 km pour venir jusqu’à Aokas. La navette est éreintante, je ne sais pas si je pourrai tenir longtemps. Et c’est révoltant quant on sait que des logements sont disponibles », lâche-t-il.

Du côté de la DE de Béjaïa, même si l’on peut affirmer que la requête des contestataires est restée sans suite, nos tentatives d’accéder à une version officielle sont restées vaines.

A. Mouzaoui