l Même si l’on compte six boucheries concentrées uniquement au centre du chef-lieu de Béni Maouche et alignées sur moins de trois cents mètres, la clientèle ne se bouscule pas pour s’approvisionner en viande dont le prix ne cesse de grimper pour finir loin de la portée des petites bourses. Qu’elle soit fraîche ou congelée, la viande est toujours un luxe pour la majorité des citoyens dont le gagne-pain se limite, par les temps qui courent, à leur maigre récolte maraîchère qu’ils écoulent timidement sur la place publique.
Pour agrémenter un tant soit peu quelques maigres repas, le quidam préfère s’approvisionner une fois par semaine chez les quelques vendeurs clandestins de volailles qui investissent le marché hebdomadaire chaque mardi que Dieu fait.
Mais, suite à la disparition des basses-cours et des élevages domestiques de poulets, après leur interdiction par les autorités qui luttaient contre la grippe aviaire, la ménagère s’est rabattue en cette saison hivernale plus que rude, sur le lapin.
Profitant, en effet, de cette aubaine, les cuniculiculteurs ont fait leurs apparition pour finir par devenir à la mode et avoir droit de cité. Elevé pour sa chair, ce mammifère lagomorphe très prolifique est en passe de devenir un sérieux concurrent pour le fameux poulet tant redouté et pour l’agneau et le bœuf dont l’ascendance de la courbe des prix ne cesse de devenir incontrôlable.
Ne nécessitant pas trop de moyens, l’élevage du lapin se fait dans les jardins, les garages et même dans les cages d’escaliers. Avec une portée mensuelle qui peut aller jusqu’à 25 petits la lapinière se remplit à vue d’œil au grand bonheur des familles qui s’en donnent à cœur joie, se délectant du plaisir de cette tendre chair !
A. M. Arezki
