L’Internet réduit les distances

Voir des personnes du troisième âge pénétrer dans un cybercafé s’installer face à un micro-ordinateur, serait assimilé à une blague, il y a seulement quelques années. Et pourtant, ces établissements sont en voie de détrôner les kiosques téléphoniques par l’attrait qu’ils exercent sur les gens de tous âges, grâce à cette merveille de la web cam.

« Il ne faut jamais dire, fontaine je ne boirai pas de ton eau » le proverbe est encore une fois vérifié, s’agissant du public de plus en plus large fréquentant les cybercafés. Il y a peu, lors de l’apparition des premiers établissements spécialisés dans la connexion par Internet, on pensait qu’ils étaient plutôt destinés aux privilégiés qui avaient des rudiments en informatique. Depuis, beaucoup de choses ont changé et le public avec. Chacun s’y rend pour des besoins différents, suivant que l’on soit étudiant à la recherche de documentation ou chômeur en quête d’emploi ou pour autre chose encore. Ainsi, les enfants attirés par les jeux, voient d’un mauvais œil ces vieillards de plus en plus nombreux qui s’incrustent dans un domaine qui était le leur.

Mais ce qui attire leurs grands-parents, c’est surtout les bienfaits de la web cam qui leur permet de communiquer tout en voyant son interlocuteur, apparaître à l’écran.

Cet important besoin de communication est généré par l’afflux de nos jeunes concitoyens vers l’étranger, particulièrement vers le Canada. Si les jeunes ont des préoccupations de leur âge, nos pépés et mémés viennent dans ces lieux pour entendre et voir leur progéniture, émigrée de l’autre côté des océans. « Bien qu’ils ne soient pas très nombreux à opter pour la web cam, ils ne sont, en revanche pas rares », nous dit un gérant de cybercafé. « Ils viennent, généralement accompagnés d’un fils ou de quelqu’un qui sache manipuler le micro-ordinateur.

Certains arrivent avec une adresse entre les mains et demandent à être connectés à l’heure du rendez-vous avec leur progéniture ». On ne peut s’empêcher d’écouter leurs discours, d’une tendresse à vous faire fondre le cœur, lorsqu’ils s’adressent à haute voix à un fils ou une fille qui se trouve à des milliers de kilomètres.

La fin de la « séance » est des plus émouvantes. Ils se lèvent, les larmes aux yeux mais heureux. Etranglés par les sanglots, ils arrivent à peine à dire « au revoir ».

Le rendez-vous est pris pour la semaine suivante, toujours à la même heure. Quant aux plus chanceux ou plutôt, les plus nantis, ils peuvent se permettre l’ADSL à la maison surtout depuis que le WLL a envahi les villages les plus reculés. Ils ne lésinent pas sur les dépenses. De toutes façons, le coût de l’abonnement est amorti par les économies en facture de téléphone. Et puis, la joie de voir, à tout instant, ses proches même si c’est par l’image, n’a pas de prix.

« Le temps des lettres qui mettaient un mois pour arriver à Alger est vraiment révolu. L’arrivée du téléphone a diminué la peine causée par la séparation. Internet, à la portée de tous, a tout simplement révolutionné notre façon de vivre », conclut un quinquagénaire auquel nous avons demandé un commentaire sur ce mode de communication qui fait désormais partie des budgets des ménages au même titre que le chauffage ou le pain.

Nacer B.