L’opération de recasement bute sur des problèmes que ni les citoyens, ni l’instance APC ne parviennent à résoudre, depuis plus de 2 mois. Parmi 49 foyers qu’abrite l’ancienne cité connue sous l’appellation coloniale « SAS », 26 seulement ont emménagé bien que 96 logements ont été attribués. Confrontés toujours au pénible dilemme qu’impose le déséquilibre de la balance « moins d’offres – plus de demandes », tous les dossiers qui se jouent de l’intérêt des citoyens s’en trouvent traités avec des équations qui n’admettent que des solutions arbitraires. 115 ménages vivent dans ces 49 foyers, « selon le rapport de la Commission de recensement de daïra », en revanche, « l’opération de recasement ne serait bien effectuée que lorsqu’on aurait convenu de satisfaire tous ces ménages à raison d’un logement chacun ». D’autre part, 140 logements sont disponibles : 50% à caractère social, le reste réservé au programme RHP, notamment 70 logements pour cette opération. Donc, tout consisterait à soulever l’écueil de satisfaire la demande par la moitié de l’offre, alors qu’il ne serait indéfectiblement pas possible d’offrir « un pour deux » quand « chacun des « deux aurait besoin de un ». Un comité de crise, constitué par 7 délégués, a été mis à pied d’œuvre au terme d’une assemblée tenue par les résidents de l’ancienne cité, 3 mois auparavant. Celui-ci était motivé autour d’une série de revendications proclamant : 115 logements pour 115 ménages, le relogement dans des appartements F4, F5 ; un point, dont la satisfaction dépend d’un lot de logements CNEP-OPGI que « le wali avait contestés de rendre à caractère social ». Après maintes réunions tenues avec la tutelle pour mener à bon terme cette opération, la tension ne fait que monter et le recasement semble ne pas pouvoir être effectué. C’est ce que prête à nous témoigner : 2 listes d’attribution de logements, contestées, blocage du siège de l’APC pendant 2 jours et plus d’une dizaine de bénéficiaires qui refusent d’être relogés en guise de solidarité avec les non-bénéficiaires. « Ils existent des gens pour qui on a attribué des logements et qui ont bénéficié d’aides sociales, et d’autres pour qui l’on a rien attribué bien qu’ils remplissent les mêmes conditions avec ces derniers », nous atteste un citoyen. Et d’ajouter « les critères qu’on a adoptés pour l’étude de ce dossier sont tellement opaques que l’on y comprend rien. D’ailleurs, on assiste à des gens qui pour les mêmes critères ont bénéficié des part différentes… » Le vice-président de l’APC explique quant à lui « que les critères adoptés sont à caractère social ». Au reste, notons que cette opération de recasement enrichira l’assiette foncière par une importante superficie de terre qui servira d’un site pour héberger un nouveau CEM, et plus d’une centaine de logements à vocation sociale. Cependant, le RCD au cours d’une conférence-débat animée à l’encontre de cette situation a précisé les enjeux que dissimule ce dossier et l’urgence de sa résolution avant d’inviter les citoyens à conjuguer son bon sens afin de finaliser cette opération. Aujourd’hui on apprend qu’au lieu d’essayer de trouver des solutions optimales et définitives de ce problème, la tutelle a procédé à la mise en demeure des contestataires pour déserter les lieux qu’ils occupaient depuis l’indépendance…
K. N.
