A quand une politique de l’environnement rural ?

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La politique lacunaire de la gestion des déchets ménagers et de la protection de l’environnement officielle telle que menée actuellement, dans les environs de Tigzirt, est loin de répondre aux besoins de la masse populaire mais est plutôt destinée au service de la minorité urbaine et celle des chefs-lieux des communes uniquement. En effet, en dépit que la majorité des citoyens résident dans les zones rurales, les autorités continuent à ne s’occuper que des déchets « citadins ». A en juger par les chiffres : sur les 50 000 âmes qui habitent la région de Tigzirt, seuls 5 000 personnes environ vivent dans la ville balnéaire et autant dans les deux chefs-lieux des localités de Mizrana et Iflissen réunis. Ce qui représente donc approximativement 20% de privilégiés. Les autres oubliés habitent dans les différents villages des trois communes.

Cependant, malgré tout, les efforts des autorités, dictés en outre par la politique nationale, demeurent concentrés sur l’assainissement de l’environnement urbain avec notamment la mise à la disposition des APC des moyens d’enlèvement et de la voirie ainsi que l’ouverture de décharges publiques à Tigzirt et Iflissen. Et ce alors que pour les habitants des villages qui représentent 80% de la population locale, la gestion des ordures ménagères ne figure toujours pas sur les tablettes des autorités. Par ailleurs, le cas de Mizrana qui a bénéficié d’un centre d’enfouissement technique, courant 2006, et dont les travaux ne sont toujours pas entamés demeure énigmatique.

Aussi, dans les villages, il n’est pas rare de trouver des monticules d’ordures s’entassant dans les coins et recoins, polluent l’environnement et faisant le bonheur des chiens et chats errants. A ce stade, il est utile de préciser que malgré la négligence des villages en matière d’hygiène et la concentration de tous les moyens de propreté pour le milieu urbain, les résultats probants se font toujours attendre. En effet, il n’est pas rare de se faire surprendre par la présence de monticules de rejets dans les cités de la ville balnéaire, censée être pourtant la vitrine touristique régionale.

Pour revenir au milieu rural défavorisé, la problématique de la gestion de ses déchets, à bien y réfléchir n’est pas très difficile à résoudre pourtant. D’abord elle est relativement facile à gérer par le fait que dans les villages disparates, les rejets sont nettement moins importants que dans la ville et que les lieux propices à l’ouverture de mini-décharges publiques de proximité sont plus nombreux.

Pour y arriver, il faut faire un travail de sensibilisation afin de faire adhérer les résidants au projet qui ne verront, certainement, aucun inconvénient à voir les seuils de leurs maisons débarrassés des immondices, même moyennant une petite redevance financière. Pour les moyens d’enlèvements, en ces temps de crise de travail, les propriétaires de tracteurs à bennes saisiront, sans aucun doute, au vol la proposition de nettoyer les villages ce qui leur assurera un revenu fixe mensuel…Autrement dit avec une nouvelle approche, les autorités peuvent régler ce problème sur un rayon plus large et au bénéfice d’un nombre plus important de personnes sans dépenser nécessairement plus d’argent.

G.M.

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