Pour l’ancienne génération, Melbou ne manquait nullement d’espaces verts ni du ruissellement de fontaines aux mille vertus dont le nom même de Tayremt (Fontaine des rêves) évoquait le nom de la ville de l’ex-Aït Sagouel. Sont-ils encore nombreux à se souvenir de Sagoweli, du port, des falaises aujourd’hui disparus, petit à petit, pour devenir des ruines ? Encore un coup de balai aux traces archéologiques. Du peu de places où, souvent les personnes se rencontrent, aujourd’hui aucun jardin public digne de cette appellation n’a pu trouver une place dans cette coquette station balnéaire. “Parler d’espace vert, de jardin public relève de la dérision dans un monde de plus en plus hanté par le béton”, dit Da Belkacem, un vieux natif d’Aït Sagouel.
En effet, par abandon, ces personnes âgées ont pris l’habitude de s’asseoir en assemblée sur les marches d’escaliers et s’exposant ainsi aux multiples désagréments des passants, mais aussi et surtout aux fumées dégagées par les nuées de gaz des pots d’échappement.
Ainsi, voient-ils donc leur espace se rétrécir au quotidien à travers ces gradins. La triste déception qui se lit dans leur regard ne peut laisser indifférent. Si seulement on pouvait leur rendre leur jardin, leur espace.
Sid Ali Djenane
