Tlemcen accueille l’évènement

Avec l’annonce d’ »Alger capitale de la culture arabe », le ruban du premier festival officiel du film amazigh, a été coupé en ce premier jour de l’an amazigh, Yennayer, du11 janvier 2007, à Tlemcen.

Le rendez-vous a été annoncé, dans la grand-rue de la ville, par des festivités dont un carnaval de troupes d’artistes de la wilaya.

Avant tout discours officiel, Flora, une cantatrice qui s’inspire des chants monodiques, polyphoniques, précisément de Nana Taous, de son vrai non Taous Benabdesselam, et Taous Amrouche, offre par un chant berbère dans le genre Achouik. Elle taquine les invités pour dire : «Ô, toi à qui j’ai donné la joie, viens aujourd’hui m’en donner», Flora nous explique à l’occasion que ce genre de chants sont souvent entendus dans les mariages ou les fêtes pour inviter les gens aux moments festifs.

Un spectacle de théâtre nous a été offert, juste après, par la troupe, Les folies berbères. Les trois comédiens sont les frères Yacine et Hicham Mesbah ainsi que Khelil Redouane. Cette troupe qui était accompagnée par le musicien guitariste Athman Bendaoud a ravi la large assistance par la comédie humoristique, dans la salle de la Maison de la culture de Tlemcen.

Le représentant du ministère de la Culture, Karim Ait Oumzian, directeur du Centre national de cinématographie (CNCA), qui était présent à la cérémonie, s’est prononcé, à la fin de la représentation théâtrale pour lire l’ allocution de la ministre Khalida Toumi, à l’occasion de l’ouverture.

«Nous annonçons dans cette première édition officielle du festival du film amazigh que le ministère mettra plus d’efforts et de moyens institutionnels pour promouvoir la culture amazighe. J’estime que c’est un devoir de soutenir ce projet car le cinéma est un facteur important dans la culture. Nous encourageons la production des films en Algérie et nous nous mettons à la disposition des créateurs. Je rends, à l’occasion, hommage à la créativité de ces artistes dont Azzedine Meddour et Belkacem Hadjadj», dira le représentant de la ministre.

En l’absence du wali, le directeur de la culture de la wilaya de Tlemcen, Miloud Hakim, a accueilli le rendez-vous où il dira que tout le monde est concerné par ces festivités car la culture amazighe est l’héritage de tous les Algériens.

Le représentant du directeur de l’office national des droits d’auteurs et droits voisins, ONDA, M. Aichya, invité du festival, dira qu’il souhaite toujours faire parti, des invités du festival du film amazigh tant que ce dernier fait la promotion de la culture algérienne. «Nous rendons hommage par notre présence à l’un des pionniers du 7e art, le cinéaste Abderahmane Bouguermouh. Nous annoncions que l’ONDA prendra en charge le travail de cet artiste ainsi que d’autres qui n’ont fait qu’élargir le patrimoine culturel par leur savoir», estime-t-il.

Abderahmane Bouguermouh est l’un des premiers réalisateurs algériens depuis 1959. Il a fait de nombreux courts métrages dont la collaboration dans l’œuvre de Lakhdar Hamina, Chronique des années de braise. Il réalise pour la télévision algérienne un feuilleton, en 1978, Les oiseaux de l’été, le long métrage, Kahla Ou Beida, en 1980. Il réalise également, Cri de pierre en 1989 et la colline oubliée en 1996.

Le directeur du projet de chaîne de télévision, en projet, en langue kabyle, Saïd Amrani, déclare, pour sa part afin de dire que la télévision algérienne contribuera à l’émergence d’un pont d’activités audiovisuelles. Il informe aussi que le festival sera diffusé quotidiennement à la Télévision. Amrani profite de l’occasion pour nous informer que le nouveau projet de l’émission, Tamurt n Twiza, qui sera réalisée en dialecte chenoui est achevé. El Hachemi Assad, commissaire du festival du film amazighe, célèbre la 7e édition dont la première, officielle, en évoquant les rendez-vous précédents qui ont fait la continuité de tout un chemin.

«Le festival prend une empreinte amazigh par ses festivités. Nous vous accueillons aujourd’hui dans la ville des zianides pour faire de cet évènement officiel une coutume», annonce Assad. Il informe que 60 films seront diffusés, cette année, dont la majorité sont des œuvres algériennes. D’autres cinémas sont invités également, dont le cinéma français, libanais et irlandais. A la fin, un court métrage du cinéaste Cherif Agoun intitulé, La fin des Jines, a été projeté. Ce film de fiction de 22 minutes réalisé en 1989, raconte le quotidien du village Amadan, à Bejaia, en cette date de 1959. Il montre, à travers des images de l’armée coloniale, ces Jines, (esprits), qui ont disparu du village à cause du bombardement, durant la guerre. Le cinéaste, dira qu’il a vécu, en étant enfant de 6 ans, ces moments où il imaginait les mêmes faits.

Le programme du festival sera alimenté de plusieurs activités : la projection de films et l’animation de débats en présence des cinéastes, une exposition de photographies, des soirées artistiques, mais aussi des ateliers. Le festival propose cette formation aux étudiants- stagiaires de l’audio-visuel, afin d’apprendre ce que l’on appelle l’éducation à l’image.

En ce qui concerne la nouvelle édition, la formation sera consacrée au film documentaire. L’atelier sera animé par les réalisateurs Abdelatif Bouiche d’Algérie ainsi que Sylvie Texier et Suzanne Chupin, de France. Une exposition de photos qui ont été prise lors du 6e festival du film amazigh à Ghardaïa, par la photographe française Camille Pierre de Clermont-Ferrant, est présentée dans le hall de la maison de la culture.

Fazila Boulahbal